Retraites: un déficit qui justifie la loi, dit le maire Coderre
Le maire de Montréal, Denis Coderre, est formel : les derniers chiffres sur l’état de santé des régimes de retraite des employés de la Ville de Montréal prouvent que la nouvelle loi sur les retraites a bel et bien sa raison d’être, dit-il.
Exercice imposé par cette nouvelle loi sur la réforme des régimes de retraite (loi 15), la Ville de Montréal a fourni, lors du Conseil municipal lundi, le bilan financier des régimes de retraite à Montréal en date du 31 décembre 2013. Un document qui servira de base, ensuite, à la négociation des conventions collectives qui doit commencer au plus tard le 1er février, notamment avec les cols blancs et les policiers.
Si le déficit global des régimes de retraite se situait entre 1,9G$ et 2,1G$ en 2010 et 2011, il a plutôt diminué à 1,85G$ en 2013. Une trop petite diminution pour le maire Denis Coderre.
«La réalité c’est que, peu importe les bons rendements [des dernières années], quand vous avez quand même un déficit actuariel important qui n’a presque pas changé par rapport aux trois années précédentes, on a la preuve que c’est un problème structurel», a-t-il affirmé.
Bien qu’il tenait à regarder ces chiffres à tête reposée, Marc Ranger, porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, était déjà «agacé» par plusieurs éléments du bilan préparé par la Ville. «Le déficit de 1,85G$, c’est encore une fois les anciens chiffres. Dans ces chiffres, il y a une réserve. C’est un surplus, alors que c’est encore présenté comme si c’était un déficit», s’est-il plaint. Le document de la Ville indique qu’en considérant les réserves, le déficit en 2013 était de 1,07G$.
«On a moins de cotisants et on aura de plus en plus de gens à la retraite, a rappelé Guillaume Lavoie de Projet Montréal, qui se dit déçu du portrait «minimaliste» donné par le bilan. Il faudra soit que les gens cotisent beaucoup plus, ou qu’ils reçoivent moins de prestation, mais ça, le maire ne nous le dit pas. Ou alors, nos stratégies de rendement devront être beaucoup plus agressives, ce qu’ils n’ont pas été capables de spécifier», a estimé le conseiller.