IDS-Verdun

Permis de bar: les tenanciers de Verdun attendent toujours

L’arrondissement de Verdun a annoncé en grandes pompes en décembre dernier que ses portes seraient dorénavant ouvertes aux bars. Toutefois, les fêtards ne devraient pas se réjouir trop vite. Les trois commerces qui ont fait une demande de permis officielle attendent depuis plusieurs mois des nouvelles de leur dossier.

Les entrepreneurs ne semblent pas se ruer pour obtenir un permis de débit de boisson. Présentement, trois restaurants sont sur les rangs afin d’obtenir une autorisation: Balconville, Benelux et Tripes et Caviar. Ils possèdent déjà tous un permis d’alcool, et souhaitent maintenant élargir leur offre avec un permis de bar.

«Nous avons fait notre demande en décembre, et nous n’avons reçu aucune nouvelle depuis, explique Jean-Michel Leblond, propriétaire du restaurant Tripes et Caviar.  Je ne croyais pas que le processus serait aussi long, puisque nous avons déjà notre permis de restauration. Il reste donc peu d’aspects à évaluer. Je ne comprends pas.»

Leblond affirme qu’il n’est pas seul dans sa situation. Le restaurant Balconville et la brasserie Benelux sont également en attente depuis plusieurs mois.

Sur la page Facebook du Balconville, les administrateurs ont publié ce statut concernant le permis de bar à Verdun: «On attend toujours. Désolé pour tous ceux qui depuis décembre pensent que c’est déjà le cas. On continue à dire que ça s’en vient…»

Hugues Gagnon, propriétaire du Benelux, n’a pas souhaité émettre de commentaires. «La demande suit son cours et je serai prêt à commenter lorsque le permis aura été attribué.»

Pour le président du conseil d’administration de la Société de développement commercial (SDC) de la Promenade Wellington, Luc Gendron, les délais peuvent également être causés par la Régie des alcools du Québec.  «C’est frustrant pour les commerçants qui sont déjà en place, de devoir repasser à travers tous les paliers gouvernementaux. »

Processus plus lourd
Le processus d’approbation des demandes est plus lourd à Verdun qu’ailleurs à Montréal. L’arrondissement a établi des conditions qui n’existent pas ailleurs, comme l’obtention d’un permis spécifique pour les bars.

Les autres arrondissements ne distinguent pas systématiquement les différentes activités commerciales, et n’exigent qu’un permis de zonage, d’occupation ou d’usage. L’évaluation du dossier exige un déboursement d’environ 250$. À Verdun, le permis de bar coûte 1000$.

Le président de la SDC  espère que cette situation ne découragera pas les entrepreneurs attirés par le potentiel commercial de la Promenade Wellington. Les locaux qui sont vacants présentement sur la rue sont parfaits pour des restaurants et des bistros, selon lui.

Parmi les nombreux commerçants intéressés rencontrée ces derniers mois, «certains se sont désistés, se désole-t-il. Je ne suis pas en mesure d’affirmer que c’est à cause de la lourdeur bureaucratique, mais je sais que ce n’est pas par manque d’intérêt.»

N’ouvre pas un bar qui veut
Le maire de l’arrondissement, Jean-François Parenteau, affirme qu’un encadrement rigoureux est important, «afin d’assurer la meilleure cohabitation possible entre les établissements et les résidents.»

L’arrondissement indique également que les deux demandes envoyées en décembre étaient incomplètes, et n’ont pu être considérées avant la mi-janvier.

Chaque demande déposée est d’abord analysée par la Direction de l’aménagement urbain et des services aux entreprises. Pour obtenir une autorisation, les établissements avec service de boissons alcoolisées ne doivent avoir aucun appareil de loterie vidéo. De plus, la superficie de plancher destinées au service et à la consommation d’alcool ne doit pas excéder 200 m².

Après avoir passé cette étape, la demande est transférée au Module de la moralité du Service de police de la Ville de Montréal et au Poste de quartier 16, qui émettent une recommandation relative aux impacts potentiels sur le milieu de vie verdunois.

Le Comité consultatif d’urbanisme (CCU) émet aussi un avis quant à l’acceptabilité de la demande et les conditions additionnelles à exiger. Enfin, chaque demande doit être entérinée par le Conseil d’arrondissement, qui a le pouvoir d’ajouter des conditions à l’obtention d’une autorisation. Deux des trois dossiers en cours actuellement seront déposés sous peu au CCU, selon l’arrondissement.

Loteries vidéo
Selon Peter Sergakis, président de l’Union des tenanciers de bars du Québec, il n’est pas surprenant qu’il y ait si peu de demandes auprès de l’arrondissement.

«Pour ma part, je n’irais jamais m’installer à Verdun, indique-t-il. C’est beaucoup trop long avant d’obtenir un permis, et les critères sévères pourraient décourager n’importe qui. Un bar sans machine à jeux ne peut pas fonctionner. C’est avec ça que les tenanciers font leurs profits.»

Sergakis assure aussi demeurer conscient que le marché des bars n’est pas à son meilleur à Montréal cette année : «Ça va très mal. »

Le maire Parenteau est pour sa part totalement satisfait du niveau d’intérêt actuel. «En plus des trois commerçants qui ont déjà fait une demande, nous sommes en discussion avec trois, quatre autres intéressés.»

Il indique être en discussion avec des propriétaires d’un club de jazz, un pub irlandais ainsi qu’avec un resto/bar branché, qui possèdent déjà des établissements ailleurs à Montréal.

Puisqu’il s’agit des premiers dossiers de ce genre, l’arrondissement assure qu’une diminution du délai de traitement est à prévoir pour les prochaines demandes.

Articles récents du même sujet