Sécurité des cyclistes: Projet Montréal presse le maire Coderre d’agir
Un an après l’accident tragique qui a causé la mort d’une cycliste sous le viaduc Saint-Denis, dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, Projet Montréal somme Denis Coderre, le maire de Montréal, d’agir rapidement et de mettre en place des mesures permanentes, pour sécuriser les utilisateurs du vélo dans la métropole.
«À la suite du décès malheureux de Mathilde Blais, il y a un an, nous avons agi rapidement dans l’arrondissement pour mettre en place des mesures de sécurisation temporaires, pour instaurer un partage du trottoir entre les cyclistes et les piétons. Mais, ces mesures sont devenues permanentes pour l’administration Coderre. Il n’y a aucune volonté de protéger davantage les cyclistes et les piétons», lance François Croteau, maire de Rosemont-La Petite-Patrie, lors d’un point de presse de Projet Montréal, tenu jeudi.
«Cela fait quatre ans que l’on attend une sécurisation au coin de Laurier et de Brébeuf, ajoute Luc Ferrandez, maire du Plateau-Mont-Royal et chef de Projet Montréal. M. Coderre a failli sur toute la ligne sur la question des cyclistes et j’espère qu’il n’y aura pas encore un drame ce printemps pour lui rappeler.»
M. Croteau estime que des mesures pourraient être aménagées rapidement.
«Sous le viaduc Saint-Denis par exemple, il serait facile de réduire les espaces de circulation pour mettre en place une piste cyclable avec des bollards, d’obliger les camions lourds à rouler sur la voie de gauche et de réduire la vitesse. Ce sont des mesures qui ne demandent pas beaucoup d’efforts et de financement, mais seulement une volonté politique.»
La Ville-centre réplique
En réponse, Aref Salem, responsable du transport au comité exécutif de la Ville de Montréal indique que son administration «est passée au travers des tous les viaducs» depuis un an.
«Dès le décès de Mathilde Blais, le 28 avril 2014, nous avons déployé notre plan de sécurisation. Sur les 48 viaducs visés, il en reste 17 où nous devons intervenir», plaide-t-il.
Projet Montréal dénonce un financement insuffisant et «un manque de volonté politique».
«Cette année, nous avons inscrit 6 M$ dans notre Plan triennal d’immobilisation pour mettre en place des mesures permanentes, comme cela a été fait sur de Bellachasse et Saint-Laurent», ajoute M. Salem.
Cependant, le responsable du transport avoue que l’aménagement de mesures permanentes prend plus de temps et qu’il faudra attendre 2017 pour en voir les effets.
«La planification est plus longue, car nous étudions l’ensemble des viaducs pour implanter des mesures globales. Ce n’est pas juste un coup de peinture à mettre», indique-t-il.
Il ajoute qu’une campagne de sensibilisation sera mise en place prochainement pour un meilleur partage du trottoir entre les cyclistes et les piétons.