Montréal

L’autobus 47 en voie d’extinction sur la Promenade Masson

Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

La ligne d’autobus 47, qui relie la station de métro Laurier au boulevard Pie IX en passant par la rue Masson, donne des maux de tête aux résidents du Vieux-Rosemont et à sa conseillère, Érika Duchesne. L’élue de Projet Montréal dénonce une réduction des passages et demande à la Société de transport de Montréal (STM) de bonifier son offre de service dans le quartier.

Mme Duchesne s’est penchée sur la fréquence de passage de la ligne 47, après la plainte d’un citoyen concernant la baisse du service entre l’horaire d’hiver et celui du printemps, début d’avril.

«On compte cinq départs de moins vers l’ouest et sept de moins de vers l’est en semaine. La fréquence de ce circuit n’est déjà pas optimale alors diminuer le service nous apparaît inacceptable», lance la conseillère du Vieux-Rosemont.

Mme Duchesne s’interroge sur la pertinence du réseau dans son quartier. «J’ai comparé les horaires de la ligne 47 et de la ligne 27 sur le boulevard Saint-Joseph. 50% des départs se font en même temps. Si vous en manquez un, vous ne pouvez pas aller attraper l’autre, car il sera déjà parti. Il faudrait minimalement que les passages de ces deux autobus soient toujours décalés», note l’élue de Projet Montréal.

Le sujet du transport en commun dans le Vieux-Rosemont revient régulièrement dans les discussions avec les résidents du secteur.

«Certains préfèrent marcher jusqu’au boulevard Saint-Michel pour être sûrs d’avoir un autobus. Mais là, il s’agit de personnes qui peuvent marcher. Il faut aussi penser aux familles, avec des enfants en bas âge, et aux personnes âgées qui résident dans le secteur», ajoute-t-elle.

«Le rêve serait d’avoir une ligne 47 qui passe toutes les 10 minutes maximum» – Érika Duchesne.

Quant aux citoyens, le verdict est sans appel. «J’habite sur Masson et je ne prends jamais l’autobus 47. Ça donne une idée», lance Francis, un résident.

«L’autobus ne passe vraiment pas assez souvent», déplore, pour sa part, Alexandra Ménard.

«Aux heures de pointe, matin et soir, il est bondé et les retards sont fréquents», note Line Richer.

À l’encontre de la vitalité commerciale

Les responsables de la Société de développement commercial (SDC) de la Promenade Masson demandent également des améliorations.

«Les gens nous disent que c’est long d’attendre l’autobus sur Masson. On avait eu une amélioration du service en 2013, mais là, c’est en déclin», regrette Michèle Drapeau, directrice générale intérimaire de la SDC Promenade Masson.

«C’est aussi un problème pour l’employabilité, ajoute Michel Séguin, président du conseil d’administration de la SDC. C’est la croix et la bannière pour venir de l’extérieur du quartier. Il faut penser aux employés qui viennent travailler.»

«C’est tout le quartier qui est mal desservi. On ne peut pas demander aux familles d’avoir deux voitures. Où vont-elles les stationner? Ce n’est pas normal d’habiter dans un territoire dit central et de devoir mettre une heure pour se rendre au centre-ville», estime Mme Duchesne.

L’élue se dit consciente du manque de budget octroyé à la STM, mais estime qu’une réflexion globale dans le quartier apporterait des améliorations. La conseillère du Vieux-Rosemont lance également un appel au gouvernement pour qu’il investisse davantage sur le transport en commun.

Pour sa part, la STM indique travailler à «compiler des données récentes», concernant la ligne 47, mais ajoute que «le nombre de passages quotidiens est passé de 111 à 100 entre janvier et mars 2015», ce qui expliquerait la réduction des passages.

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