Montréal
06:00 4 mai 2015 | mise à jour le: 4 mai 2015 à 17:34 Temps de lecture: 4 minutes

Départs et fins de mandat successifs à L’Île-Bizard

Départs et fins de mandat successifs à L’Île-Bizard
Photo: TC Media / keith McAuliffe

EXCLUSIF logo Au cours de la dernière année, six employés ont quitté leur poste à L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève volontairement ou parce qu’on a mis fin à leur mandat, dont les trois directeurs de service du plus petit arrondissement de Montréal. Le maire assure ne pas être là pour faire une purge.

Avec tous ces changements de personnel, L’île-Bizard–Sainte-Geneviève ne compte plus à son emploi aucun des directeurs de services en poste avant l’arrivée de la nouvelle équipe d’élus en novembre 2013.

Quatre fins de mandat et deux départs
Selon des données obtenues grâce à une demande d’accès à l’information, TC Media a appris que l’arrondissement a mis fin au mandat de quatre employés depuis un an. Du nombre, on compte la directrice d’arrondissement ainsi que le directeur des Travaux publics. Une chargée de communication et un ingénieur ont aussi été remerciés. Les raisons évoquées sont «bris de confiance pour les cadres» et le «terme du mandat qui venait à échéance pour les professionnels».

Parmi les six membres du personnel concernés par cette vague de départs, deux autres cadres ont également quitté leur poste volontairement soit le directeur des loisirs et le chef de division urbanisme.

Divergence de vision
«J’ai décidé de faire en sorte qu’on en finisse avec des pratiques inacceptables à L’Île-Bizard. Je ne suis pas surpris que des gens ne soient pas contents», affirme la maire Normand Marinacci en faisant référence à la méthode de frais de déplacements fictifs révélée en janvier dans un rapport du contrôleur général de la Ville de Montréal.

«Le lien de confiance a été brisé avec l’ancien directeur des Travaux publics. C’est pour cette raison qu’on a mis fin à son mandat», explique-t-il.

Dans le cas du départ de la directrice d’arrondissement, l’élu parle d’une divergence de vision. «Une question personnelle liée au lien de confiance m’a également amené à mettre fin au mandat de l’ancienne directrice d’arrondissement», explique-t-il.

Selon l’élu, le directeur des loisirs de l’arrondissement a quitté son poste volontairement puisqu’il a eu une opportunité de carrière.

Mauvais climat et «loi d’Omerta»
Selon trois sources anonymes rejointes par TC Media, le climat de travail à l’arrondissement de L’Île-Bizard est «mauvais». D’anciens et d’actuels employés ont tous réclamé l’anonymat et mentionnent que les cadres n’ont aucune marge de manœuvre au sein de l’organisation. Les personnes interrogées ont également souligné que les propositions ne sont pas entendues et que les employés sont «des exécutants pris avec la loi d’Omerta». Ils parlent aussi d’une gouvernance de peur: «C’est l’enfer, ce n’est même pas drôle», exprime une de nos sources.

Le maire dit ne pas comprendre cette référence à la loi d’Omerta. «Je suis très ouvert, mais je ne peux pas maintenir des pratiques qui n’étaient pas acceptables mises en place par l’ancien maire et son conseil», exprime-t-il.

Avant cette vague de départs, l’arrondissement comptait une directrice d’arrondissement qui était également responsable du service des finances et du greffe, un directeur des Travaux publics, ingénierie et aménagement urbain et un directeur de la culture, des sports, des loisirs et des relations avec les citoyens.

À l’heure actuelle, l’arrondissement compte quatre services, mais il y a qu’à la direction de l’arrondissement que le poste est comblé, et ce de façon intérimaire depuis octobre dernier. Les trois autres directions, soit celle des travaux publics, ingénierie et aménagement, la direction des relations avec les citoyens, administration et greffe et celle des services administratifs sont en comblement ou vacant.

«Aussitôt que nos postes seront comblés, la population verra que nous ne sommes pas là pour faire une purge, assure Normand Marinacci. On a maintenu le cap et ça va être encore mieux avec les nouvelles nominations d’ici deux semaines.»

L’arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève compte un peu plus de 90 employés.

Articles similaires