Montréal

Une nouvelle école juive «illégale» à Outremont

Photo: Collaboration spéciale

Une école juive qui ne possède pas de permis d’occupation aurait fait son apparition à Outremont dans la dernière année selon la conseillère indépendante, Céline Forget, qui a porté plainte au ministre de l’éducation, François Blais.

Dans les six derniers mois, quelques citoyens ont avisé la conseillère qu’un autobus scolaire assurait désormais le transport d’un peu plus d’une quinzaine de jeunes garçons qui se rendaient au 845, avenue Querbes.

«Nous avons d’abord assumé que la garderie avait commencé à offrir un service d’autobus, mais après vérification, nous avons pu confirmer que des jeunes d’environ sept ans, venaient tous les jours entre 9h30 et 16h30, explique Mme Forget. Nous avons donc déposé une plainte au ministère de l’éducation la semaine dernière.»

Julie White, l’attachée de presse du ministre de l’Éducation, François Blais, confirme que des démarches sont actuellement en cours concernant cette école. «Il est primordial que l’ensemble des enfants de de 6 à 16 ans puissent avoir accès à l’éducation selon le régime en place», indique-t-elle.

Une école pour les garcons
C’est au deuxième étage de l’immeuble situé dans le cul-de-sac de la rue Querbes, que se trouverait l’école juive réservée exclusivement aux garçons. Au premier, se trouve le CPE Toldos fréquenté par la communauté juive hassidique d’Outremont.

«Après avoir vérifié auprès du directeur de l’arrondissement, Normand Proulx, nous avons constaté que cette école n’avait pas de permis d’occupation et qu’elle ne pourrait pas en avoir non plus puisque le zonage ne le permet pas à cet endroit», annonce Mme Forget.

Lorsque TC Media s’est rendu sur les lieux mardi matin, des chants guidés en yiddish étaient audibles de l’extérieur du bâtiment et provenaient du deuxième étage.

Des cours axés sur la religion
Le professeur au Département de science politique de l’UQAM spécialisé en religion juive, Julien Bauer, affirme qu’en général les écoles juives orthodoxes réservées aux garçons se conforment beaucoup moins aux exigences du ministère que celles accueillant des filles.

«Dans les écoles de la communauté hassidique, les filles ont une éducation à peu près équivalente à l’éducation publique du Québec, elles ont des cours de langues, des matières générales, mais pour les garçons, l’éducation religieuse est la priorité, ils n’étudient que ça», explique-t-il.

Selon lui, les garçons partent avec un certain retard en sortant de l’école alors que les filles peuvent se trouver un emploi plus facilement.

Le cas de l’Académie Beth Esther
La conseillère, Céline Forget s’inquiète de la rapidité d’intervention de Québec. «Dans le cas de l’Académie Beth Esther qui se trouve sur l’avenue Van Horne, ça fait près de dix ans que l’on attend, soutient-elle. Combien d’enfants ont gradué avec un diplôme qui ne donne absolument rien depuis ce temps? Il faut accélérer le processus».

L’Académie Beth Esther, située au 1239 avenue Van Horne, est active depuis 1956. Le ministère de l’éducation lui a accordé un premier permis en 2007 et plusieurs autres par la suite, pour que l’administration ait le temps nécessaire pour se conformer aux exigences du programme du ministère, ce qui n’a pas été fait. Ne s’étant jamais conformée, depuis le 1er juilet 2012, les activités continuent à l’Académie et ce, sans permis.

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