Rencontre ADM-citoyens: beaucoup de bruit pour presque rien
Les citoyens réunis à la salle du conseil de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville sont sortis visiblement déçus de la rencontre tant attendue avec des représentants d’Aéroports de Montréal (ADM). Faute de pouvoir rallier les représentants de l’infrastructure aéroportuaire à leurs arguments, ils ont pu exprimer leur ras le bol du bruit des avions au-dessus de leur tête.
Initialement prévue pour une durée d’une heure, la rencontre en aura duré plus de deux. Sur la centaine de citoyens présents, venus autant d’Ahuntsic-Cartierville que de Saint-Laurent, ou encore de Rosemont, une bonne trentaine de personnes ont pu poser des questions, faire des remarques ou commenter la situation. «Vous m’avez tellement réveillée que vous n’arriverez pas à m’endormir ce soir», a déclaré une citoyenne excédée.
Pour les représentants d’ADM, globalement, il n’y a pas plus d’avion aujourd’hui qu’il n’y en avait il y a 15 ans. Mieux, les avions sont de moins en moins bruyants, a indiqué Jacques Savard, expert venu appuyer ADM sur les questions de gestion du climat sonore.
Les citoyens, dont certains sont regroupés au sein des Pollués de Montréal-Trudeau, ont réitéré leur demande d’un couvre-feu de 23h à 7h pour permettre aux gens de pouvoir dormir tranquillement la nuit.
Actuellement, les gros porteurs, les avions de plus de 45000 kg, ne peuvent pas atterrir à Dorval de 1h à 7h, il y a toutefois des exemptions et par ailleurs, certaines compagnies enfreignent cette réglementation. On a compté 68 contrevenants à cette règle en 2014.
Certains citoyens ont mis en avant les résolutions prises par certaines municipalités pour exiger ce couvre-feu. «Aucun règlement de municipalité n’a d’impact sur le nombre d’avions qui atterrissent à Montréal-Trudeau», a indiqué Christiane Beaulieu, vice-présidente aux affaires publiques à ADM.
La situation était quelque fois tendue, d’autant que les personnes présentes réfutaient bruyamment les arguments d’ADM. Si, toutefois, les citoyens étaient venus se plaindre du bruit des avions au-dessus de leurs têtes, les représentants d’ADM étaient surtout présents pour expliquer les impacts dus aux travaux de réfection d’une piste d’atterrissage. À leurs yeux, c’est cette situation qui influence la perception du bruit des avions.
Les Pollués de Montréal-Trudeau, mobilisés depuis plus d’une année, en sont à installer des stations de mesure des décibels des avions pour convaincre ADM que les aéronefs font du bruit. Si ADM reconnaît que les avions sont bruyant, elle soutient que le niveau n’est pas aussi dramatique que ne le présente les Pollués.
Pour cette institution, à peine un peu plus de 2800 personnes résident dans la zone de pollution sonore la plus importante.