Soutenez

Des commercants craignent le chantier majeur sur Saint-Denis

Photo: Google Street View

Le chantier majeur de plus de 14 millions de dollars qui s’amorcera en septembre sur la rue Saint-Denis risque de profondément affecter la dynamique de cet artère commerciale située en plein cœur de Montréal. Alors que la Société de développement (SDC) Pignons rue Saint-Denis se veut rassurante, des commerçants ont confiés à TC Media qu’ils craignent pour leur survie.

Relocalisation de places de stationnement, fermetures de voies de circulation, reconstruction totale de la chaussée, les marchants de la rue Saint-Denis situés entre l’avenue Duluth et la rue Marie-Anne, ne sont pas au bout de leurs peines.

Hicham Saad, propriétaire du café l’Insouciant, situé au nord de la rue Marie-Anne, croit que la survie de la rue est déjà en jeu. Pour lui, il n’y a aucun doute que les travaux achèveront  les nombreux commerçants indépendants qui sont déjà fragiles. «Les travaux doivent être faits, on comprend. Par contre, nous avons besoin d’aide pour survivre et la Ville ne nous offre rien. Est-ce que les travaux achèveront le peu de commerçants indépendants qui restent? J’ai bien peur que oui.»

Il songe à son avenir. «Avec ce qu’on paye en taxes et en loyer, je ne sais plus si ça vaut la peine de rester ouvert.»

Selon Daniel Beaupré, ex-président fondateur de la Société et propriétaire de la boutique Courir, les travaux représentent un dur coup qui en vaudra la peine par la suite. «Les conduites sont très vieilles, on doit les renouveler. Ce sera difficile, mais le comité des travaux a fait du bon travail avec la Ville pour assurer que l’accès aux commerces soit possible.»

Notamment, de nouvelles places de stationnements et une Grande Terrasse Rouge qui longera la rue Saint-Denis.

Éponger les pertes
Les commerçants Saint-Denis évoquent le spectre des travaux majeurs entrepris en 2007 et terminés en 2008 sur boulevard Saint-Laurent. Les 13 mois de travaux intenses ont certes donné une rue rénovée, mais ont fait fuir bon nombre de clients.

Pour éponger les pertes éventuelles, et pour tenter de survivre lors des travaux, certains ont décidé d’étendre leurs services, comme Fatima Fernati, propriétaire du café Aux deux Marie. Services de traiteur, service de livraison, Mme Fernati réfléchit aux alternatives qu’elle mettra en place pour ne pas voir son commerce tomber à l’eau. «Je ne sais même pas comment je vais faire pour survivre.»

Déjà qu’au niveau commercial, la rue Saint-Denis a perdu de la vitesse au cours des dix dernières années.

«Les résidents ne viennent plus sur la rue, ils préfèrent fréquenter des commerces de quartier et si les petits commerces continuent de fermer, on deviendra une rue sans âme, un centre d’achat», ajoute M. Saad.

Mais, comment s’assurer de ne pas reproduire les mêmes erreurs que celles de la rue Saint-Laurent et de se retrouver avec une rue déserte après les travaux?

Or, selon la SDC Saint-Laurent elle-même, Montréal a peut-être trouvé la solution.

Tasha Morizio, directrice générale de la Société de développement commercial du boulevard Saint-Laurent, croit que la Grande Terrasse Rouge qui sera installée sur la rue Saint-Denis est une belle initiative.

«Je suis contente de voir que Montréal commence à comprendre qu’il est primordial d’embellir l’espace pour attirer des gens et ce, même pendant les travaux.»

Selon elle, il faut développer des idées artistiques qui mettront en valeur la rue malgré les travaux. Mais, pour que les impacts soient réduits au maximum, il faudra que les travaux respectent les échéances.

La Ville s’engage à octroyer des pénalités si les délais ne sont pas respectés.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.