Montréal

Plus de données ouvertes sur le fleuve après le déversement, dit Coderre

Plus de données ouvertes sur le fleuve après le déversement, dit Coderre
Photo: Getty Images/iStockphotoSewer drains

Interpellé à nouveau par des citoyens, mardi, sur le déversement à venir de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent, le maire de Montréal s’est montré proactif, indiquant vouloir profiter de la situation pour fournir plus d’information aux Montréalais sur l’état du fleuve à la suite des travaux prévus.

«Je veux en profiter pour colliger des données factuelles pour qu’on vous démontre qu’il y a une évolution dans le processus de traitement des eaux, a indiqué Denis Coderre. Je veux m’assurer qu’il y ait un suivi à l’aide de données ouvertes sur la situation de notre fleuve.»

Il a rappelé que, pendant les travaux pour la construction d’une nouvelle chute à neige qui obligent le déversement de ces eaux usées selon la Ville, l’administration enlèvera également des cintres dans le collecteur souterrain afin d’améliorer le débit de l’eau coulant vers l’usine d’épuration.

Cette affirmation faisait suite aux questions d’un citoyen, Xavier Nonnenmacher, pendant le conseil d’arrondissement de Ville-Marie. Ce dernier s’est montré très inquiet de ce déversement prévu entre le 18 et le 25 octobre. Il est venu déposer officiellement sa pétition contre ce déversement, comprenant 90 000 signatures, lors du conseil d’arrondissement.

Malgré ces questions insistantes, le maire n’a pas reculé, rappelant que, selon l’étude du dossier faite depuis 2014 et après consultation d’universitaires, l’administration n’avait pas d’autre choix que de procéder à ce déversement dans le fleuve.

«Je salue votre initiative pour la création d’une pétition, parce que c’est important pour notre fleuve, a-t-il indiqué au citoyen à l’origine de la pétition. (…) Il n’y a pas personne ici qui est content du déversement, mais c’est un mal nécessaire», a affirmé le maire.

Le maire a indiqué qu’il n’y aura aucun impact sur la qualité de l’eau potable, soulignant au passage que l’État de New-York, de son côté, avait déjà obtenu des permis lui permettant de déverser près de 110 milliards de litres d’eaux usées dans ses cours d’eau.

Un autre citoyen, propriétaire d’une compagnie de paddle board, a quant à lui proposé la création d’une application pour téléphone intelligent permettant d’être au courant des déversements dans le fleuve et de la qualité de l’eau en temps réel. «C’est une excellente idée, je vais le proposer au Bureau de la Ville intelligente», a répondu le maire.

Le citoyen a renchéri demandant si des matières solides flottantes allaient être visibles sur le fleuve à la suite du déversement. «C’est sûr qu’il y aura autre chose que juste du coliforme, mais il n’y aura pas plein de choses qui vont flotter. On va s’assurer que vos activités sportives se fassent dans de bonnes conditions», a tenu préciser le maire.

L’opposition officielle à la Ville de Montréal, Projet Montréal, est par contre sceptique au sujet de la capacité de l’administration à rendre des données ouvertes sur la qualité de l’eau du fleuve disponibles, «considérant qu’elle n’a toujours pas dévoilé la carte des points de déversement des eaux usées», a réagi l’élu Sylvain Ouellet.

Le conseiller déplore les propos du maire de Montréal, estimant que ce dernier «minimise» le déversement de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve. «À Montréal, l’usine d’épuration des eaux traitre en temps normal 99,6% de toutes les eaux qu’elle reçoit. Il y a 0.4% des eaux qui sont déversées dans le fleuve en raison de débordement, surtout en période de forte pluie. Le déversement prévu, c’est l’équivalent de 2 années complètes de surverse pour l’ensemble de l’île de Montréal», s’inquiète M. Ouellet.

Il estime, au contraire de l’administration, qu’il serait possible d’installer une technologie de «dégrillage» (un grillage autonettoyant) à certains endroits pour filtrer un minimum les eaux usées pendant le déversement.

Environnement Canada, qui a tous les documents de la Ville en main, selon le maire, doit rendre sa décision mercredi, à savoir si Ottawa autorise ou non ce déversement.

Pour comprendre les raisons qui ont mené au choix de l’administration de Montréal de déverser huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent, lisez le récapitulatif de Métro.