IDS-Verdun
17:07 3 février 2016 | mise à jour le: 3 février 2016 à 19:05 Temps de lecture: 3 minutes

Logement social: Verdun repousse les limites

Logement social: Verdun repousse les limites
Photo: Archives/TC Media

Tous les promoteurs immobiliers qui souhaitent entamer un nouveau projet résidentiel ou convertir des appartements en condominiums, à Verdun, devront désormais contribuer à l’offre de logements sociaux sur le territoire. L’arrondissement va ainsi plus loin que toutes les stratégies d’inclusion de logements abordables existantes sur l’île de Montréal.

Avec ce nouveau plan d’action local adopté le 2 février, les élus de Verdun souhaitent construire 300 nouveaux logements abordables d’ici 2018.

«À Verdun, nous avons une problématique particulière au niveau de l’habitation, causée par l’embourgeoisement, explique le maire Jean-François Parenteau. Nous avons un déficit estimé à 1000 logements sociaux. Avec ce plan d’action, on a voulu se donner les outils nécessaires pour venir en aide aux plus démunis.»

Dorénavant, les projets immobiliers de 100 logements et plus devront être composés de 20% de logements sociaux sur site ou de 22,5% hors site, et de 20% de logements abordables privés.

Si le projet ne peut comprendre de logements communautaires, les promoteurs devront compenser avec une contribution financière équivalente à 25% du projet. Elle sera versée dans un fonds dédié à l’acquisition de terrain pour la construction de ce type de résidences.

À Verdun, toutefois, la plupart des projets immobiliers comptent moins de 30 unités. Pour ce type de projets, entre 1 et 99 logements, un déboursement équivalent à 20% sera exigé.

La conversion de trois logements locatifs en condominiums dans le quartier Wellington/De L’Église rapporterait en moyenne 6500$ à l’arrondissement. À l’IDS, un projet résidentiel de 58 logements équivaudrait à une contribution financière de 246 000$.

Une stratégie insuffisante
Véronique de Broin, agente de développement au Comité d’action des citoyens de Verdun (CACV), juge les cibles des élus ambitieuses, mais loin d’être suffisantes.

«On ne peut compter sur un nombre suffisant de projets d’envergure pour financer l’acquisition de terrain à court terme. Pendant qu’on récolte des petits 20 000$ par-ci par-là, les opportunités nous filent entre les doigts et les terrains disparaissent», soutient-elle.

Elle stipule que l’arrondissement devrait dès maintenant mettre des zones à l’abri en les achetant pour les revendre plus tard à des promoteurs communautaires.

Le maire Parenteau se dit très conscient de la problématique. Lors de la séance du conseil d’arrondissement, il a mentionné que le fonds d’acquisition de terrains serait éventuellement bonifié via le surplus budgétaire de Verdun.

Au cours des prochains moins, l’arrondissement compte effectuer la recension des terrains et des bâtiments vacants privés et municipaux qui pourraient accueillir de nouveaux logements sociaux.

Les élus ont également l’intention de soutenir les projets d’achat et de rénovation de maisons de chambres, qui visent particulièrement les personnes itinérantes ou à risque, ainsi que celles vivant des problèmes de santé mentale.

Un problème criant
Au 31 janvier 2015, 862 ménages résidant à Verdun étaient inscrits sur la liste de l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM). Un locataire sur trois allouait une part excessive de ses revenus à son loyer.

En 2002, l’arrondissement s’est doté d’un objectif visant à construire 500 nouveaux logements abordables en 5 ans sur son territoire. Toutefois, seulement 283 d’entre eux ont vu le jour.

En comparaison, de 2004 à 2015, 3 340 unités de copropriétés divises ont été construites sur le territoire de l’arrondissement, et 353 unités ont été converties en condominiums.

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