Montréal

CHU Sainte-Justine: jouer au médecin pour le bonheur des tout-petits

Photo: Isabelle Bergeron /TC Media

Le petit Zachary Bernier, 3 ans, venait de recevoir un diagnostic qui allait bouleverser sa vie lorsque trois coups ont frappé à la porte de sa chambre d’hôpital. Sans se douter du drame qui venait de se produire, des docteurs pas comme les autres, les Dr Clowns, sont entrés et ont rapidement transformer les larmes de la famille en éclats de rire.

«Cancer des ganglions. Les traitements dureraient deux ans, se souvient Mélissa McBrearty la maman de Zach. J’étais tellement bouleversée que j’ai hésité quand j’ai vu ces deux clowns à la porte, mais finalement ils m’ont permis de souffler un peu.»

Cette visite serait la première de plusieurs. Un an plus tard, Zach visite Ste-Justine seulement une fois aux trois semaines et il espère toujours croiser les clowns durant son passage.

Lors de la visite de TC Media, Dr Frog et Ti-Boute venaient tout juste d’apparaitre au bout du corridor que Zach se rivait déjà sur eux. Quelques minutes plus tard ils dansaient en chantonnant du Mickael Jackson sous le regard de Mélissa et François Bernier, le père de Zach, qui pouffaient de rire.

Le pouvoir du rire
Dans la dernière année, les clowns sont devenus les alliés de la famille Bernier-McBrearty et une motivation pour Zach. «Au-delà du cancer, ce qui est difficile pour un garçon de cet âge c’est la prise de médicaments, explique-t-elle. Avec les clowns c’était plus facile.»

Quand Zachary était en isolement, les clowns venaient lui changer les idées, quand il devait subir un traitement, ils portaient son attention sur autre chose.

«Il sait que les clowns n’ont pas d’exigences et que pendant quelques minutes, il n’aura qu’à jouer comme un enfant se doit de le faire», lance Mélissa.

«Un métier sérieux»
Les clowns thérapeutiques doivent toutefois faire preuve de beaucoup d’adaptation. «Il faut rester sensibles. Si les parents ne sont pas réceptifs à la joie parce qu’ils vivent quelque chose, il faut savoir descendre le niveau», souligne Isabelle Di palma, alias Dr Ti-boute.

Ce métier requiert un talent d’improvisateur, un imaginaire débordant, mais aussi des aptitudes très sérieuses.

Tous les clowns ont une formation de 125 heures en jeu clownesque à l’école de Clown et Comédie Francine Côté, en plus de suivre une formation psychosociale pour adapter le travail du clown au milieu hospitalier.

«Il faut aussi avoir le profil social, la motivation, et passer des auditions», spécifie Alexis Roy, alias Dr Frog, qui exerce ce métier depuis près de 15 ans.

«Mais surtout, pour faire rire un enfant, il faut être prêt à tout!», lance Michèle Sirois, alias Dr Petits-pas.

Devant les yeux émerveillés des enfants, les clowns culbutent, se lancent en bas d’un tabouret, se taquinent, et rapidement, l’énergie se transforme, l’ambiance redevient légère et les yeux s’illuminent.

«À un moment donné la maladie et le drame disparaissent. Et cette légèreté que l’on amène est parfois le petit coup de pouce dont tout le monde avait besoin pour passer la journée», souligne Alexis Roy.

Les quelque 25 clowns de la fondation Jovia oeuvrent dans les hôpitaux pédiatriques, en centre de réadaptation et auprès des aînés en centre d’hébergement. Les clowns visitent différentes unités de Ste-Justine quatre jours par semaine depuis plus de 10 ans.

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