Montréal
13:31 29 avril 2016 | mise à jour le: 29 avril 2016 à 16:32 Temps de lecture: 4 minutes

Uber veut un projet de loi uniquement sur le covoiturage commercial

Uber veut un projet de loi uniquement sur le covoiturage commercial
Photo: Marie-Eve Shaffer

Uber Québec réclame un projet de loi qui porterait uniquement sur le covoiturage commercial.

«[Le taxi et le covoiturage commercial], ce sont deux services distincts, a affirmé vendredi le directeur général d’Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette. Le ministre Daoust veut un seul et même projet de loi. C’est peut-être égal, mais ce n’est pas équitable.»

Près d’une centaine de chauffeurs ont manifesté vendredi devant les bureaux du ministre des Transports, Jacques Daoust, à Montréal, pour demander au gouvernement de trouver une solution afin qu’ils puissent continuer de faire du covoiturage commercial.

«Sau-Sau-Sauvons Uber Québec», ont scandé les chauffeurs d’Uber, dont la plupart était vêtu de chandails bleus sur lesquels était inscrit ce même slogan.

M. Guillemette a indiqué que son entreprise est prête à faire sa part, notamment en payant davantage de frais administratifs et de taxes. Il a toutefois expliqué qu’il y a des limites au modèle d’affaires d’Uber, en évoquant l’exemple de Calgary, où des frais de 250$ ont été imposés aux chauffeurs et où le service risque de ne plus être offert.

«Ce n’est pas en montant artificiellement les coûts d’Uber qu’on va réussir à protéger le citoyen et à lui un offrir un service au meilleur coût possible.» – Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d’Uber Québec

«On peut regarder ce qui s’est fait à Edmonton, a mentionné le directeur général d’Uber Québec. On charge 70 000$ par année pour opérer. Un intermédiaire de taxi au Québec, ça coûte 1500$. Donc, c’est près de 60 fois le prix qu’on payerait. Est-ce c’est équitable? La réponse est oui.»

«L’important, c’est que les frais soient imposés à l’entreprise», a-t-il ajouté. Ce dernier pense que les mêmes frais ne peuvent pas être imposés aux chauffeurs d’Uber X qui travaillent pour la plupart à temps partiel, et les chauffeurs de taxi, qui circulent dans les rues de Montréal à temps plein.

Claude, un retraité qui est un chauffeur Uber à temps partiel, est ouvert à ce que le gouvernement encadre le covoiturage commercial, mais il refuse de payer les mêmes frais que les chauffeurs de taxi. «Le gouvernement du Québec a exagéré avec les permis de taxi», a-t-il lancé.

Même son de cloche de la part de Pierre, un agent de voyage qui fait du covoiturage commercial parce qu’«il aime recontrer des gens» . «Je ne veux pas faire 50 heures par semaine, a-t-il dit. Je ne veux pas faire des heures pour payer le gouvernement. Si Québec change les règles, je vais arrêter.»

Pour Joseph, un jeune entrepreur qui est devenu chauffeur Uber pour la liberté et le revenu d’appoint que cela lui procure, Québec a tout intérêt à trouver une solution. «Les villes qui résistent à Uber seront désavantagées, ne serait-ce que pour le tourisme, a-t-il dit. C’est une honte de ne pas l’accepter et de freiner l’expansion de ces services.»

Jean-Nicolas Guillette a indiqué qu’il était ouvert à l’idée que des avantages soient consentis à l’industrie du taxi, tels que l’exclusivité des contrats gouvernementaux et l’occupation des aires d’attente. Leurs frais d’administration devraient aussi être réduits, selon lui.

Le projet de loi du ministre Daoust doit être déposé d’ici le 12 mai prochain. «Ce projet de loi s’appuiera sur des principes qui permettra d’assurer la sécurité des passagers, l’équité dans l’industrie et un service au bénéfice des utilisateurs», a indiqué l’attaché de presse du ministre, Mélissa Turgeon.

Articles similaires