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Un nouveau partenariat pour aider les personnes itinérantes inuites

Photo: Yves Provencher/Métro

Afin de mieux servir les personnes itinérantes inuites, de plus en plus nombreuses dans Le Plateau-Mont-Royal, l’organisme Plein milieu s’allie à l’association Makivik représentant plus de 10 000 personnes de cette communauté autochtone. Ce partenariat permettra notamment d’avoir accès à des interprètes et d’adapter plus facilement les services aux besoins de la communauté.

La population autochtone représente 15% des personnes sans-abris dans l’arrondissement, contre 10% à Montréal. La moitié d’entre elles sont d’origine inuite. Plein milieu a recensé au moins 195 personnes de cette communauté des Premières Nations en 2015.

«Ce partenariat, c’est comme si Makivik nous accueillait dans la grande famille inuite. On a un objectif commun: le mieux-être des Inuits», se réjouit la coordonnatrice de Plein milieu, Ann Lalumière.

Cette dernière précise que l’organisme pourra bénéficier du grand réseau de contacts de l’association, en plus de pouvoir adapter l’offre aux besoins des personnes autochtones.

L’organisme réfléchit à de nouvelles façons d’accommoder cette population qui de plus en plus quitte le centre-ville à la recherche de tranquillité et se déplace vers le nord.

«Il y a beaucoup de violence et de répression dans Ville-Marie, alors ils viennent dans le Plateau. Les gens ici sont plus ouverts et tolérants. Ils rejoignent aussi souvent des membres de leur famille qui sont dans le secteur», continue Mme Lalumière.

Une plus grande mixité entre les personnes itinérantes existerait au sein de la communauté du Plateau.

«Il n’est pas rare de voir deux ou trois blancs avec une gang d’Autochtones. Ça se voit moins au centre-ville», explique Mme Lalumière.

Enjeux différents
Les enjeux sont toutefois différents pour les personnes itinérantes inuites et autochtones.

«Ils se font déplacer plus souvent par les forces de l’ordre, parce qu’ils se tiennent en groupe, alors ça dérange plus. Habituellement, ils collaborent et ça se fait dans la bonne humeur», indique l’intervenante.

La question de l’habitation est différente également.

«Culturellement, ils sont plus habitués à la vie communautaire. L’approche logement d’abord actuelle, avec une chambre ou un appartement individuel, ça veut souvent dire laisser leur famille dans la rue», déplore la coordonnatrice.

Dans le programme Plein logis pour la réinsertion en habitation, trois des dix participants sont autochtones.

«Il y a vraiment un besoin, mais le fait qu’il n’y ait pas de propositions communautaires est un frein», affirme Mme Lalumière.

Le gouvernement fédéral a doublé le financement pour le soutien aux personnes itinérantes autochtones avec une somme supplémentaire de 29 millions de dollars sur deux ans.

«Les projets sont analysés au cas par cas. Le financement aidera à combler certains besoins cernés chez les Autochtones sans abri vivant hors réserve en soutenant des programmes et des services qui sont pertinents sur le plan culturel et axé sur la collectivité», mentionne Émilie Gauduchon, attachée de presse du ministre du Développement social, Jean-Yves-Duclos.

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