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10:31 29 mars 2017 | mise à jour le: 29 mars 2017 à 17:00 Temps de lecture: 3 minutes

Les médecins gagnants du budget, dit le PQ

Les médecins gagnants du budget, dit le PQ
Photo: THE CANADIAN PRESSParti Quebecois Leader Jean-Francois Lisee speaks to reporters prior to a party caucus meeting, Tuesday, March 28, 2017 at the legislature in Quebec City. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

QUÉBEC — Le réinvestissement en santé dépend de la bonne volonté des médecins, grands gagnants du budget présenté mardi par le ministre des Finances du Québec, a soutenu mercredi le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

La rémunération des médecins grimpera de 5,9 pour cent cette année pour atteindre près de 7,5 milliards $. Cette somme représente 20 pour cent des dépenses en santé.

Les médecins, munis des ententes conclues avec le gouvernement en 2007 puis renégociées en 2014, s’attendent à obtenir au total 1,9 milliard $ de plus d’ici 2021-2022.

Mais le budget déposé mardi ne prévoit le versement que de 456 millions $ sur les trois prochaines années, et relance une négociation avec les médecins.

En point de presse à l’Assemblée nationale mercredi matin, M. Lisée a dit craindre pour les services de santé.

«S’il (le ministre de la Santé, Gaétan Barrette) n’arrive pas à les convaincre d’avoir seulement 6 pour cent, bien il va y avoir moins d’investissements pour les patients. C’est écrit comme ça dans le budget. C’est écrit que notre objectif de monter à 4 pour cent l’augmentation du budget de la santé (…) bien, ils ne pourront pas faire 4 pour cent si les médecins n’acceptent pas de renoncer à 12 pour cent d’augmentation», a-t-il dit, réclamant le gel immédiat des enveloppes budgétaires destinées aux médecins.

«Nous, on pense qu’ils en ont suffisamment, et que 0 pour cent est le seul bon chiffre», a-t-il ajouté.

De son côté, M. Barrette a affirmé avoir déjà convié les fédérations médicales à la table de négociation et que le dialogue était «ouvert».

«Je crois à la bonne foi des médecins et je crois aussi que devant des faits avérés, ils vont être raisonnables», a déclaré le ministre.

«Le principe fondamental de la négociation que j’ai faite était le rattrapage», or, ce rattrapage avec les autres provinces est terminé, a insisté M. Barrette.

Selon l’Institut canadien de l’information sur la santé, la part de la rémunération médicale dans les dépenses de santé au Québec est passée de 12,3 pour cent en 2006-2007 à 16,7 pour cent en 2014-2015, ce qui représente une hausse plus élevée que la moyenne canadienne pour la même période.

En 2014-2015, le Québec dépensait 663 $ par habitant pour la rémunération des médecins, soit plus que la moyenne canadienne (649 $) et l’Ontario (642 $).

M. Barrette a tout de même critiqué l’étude, maintes fois citée dans le budget, la jugeant incomplète.

«L’Institut canadien de l’information sur la santé a exclu dans sa banque de comparaison les plus hauts revenus dans les spécialités médicales. Obligatoirement, ça donne un écart favorable pour les médecins. Les médecins sont dans la bonne place», a-t-il dit.

M. Barrette a par ailleurs accusé le chef du Parti québécois d’utiliser les médecins comme «boucs émissaires» pour faire de la politique.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a précisé dans un communiqué que selon elle, un important écart de rémunération subsiste entre les médecins de famille québécois et leurs collègues ontariens.

«La Fédération tient à rappeler que la rémunération moyenne des médecins de famille a augmenté de 0 pour cent en 2014, de 1,9 pour cent en 2015 et 2,7 pour cent en 2016, ce qui est loin d’être exagéré ou scandaleux», a-t-elle fait valoir.

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