Rencontre à Washington: Ambrose est «rassurée»
WASHINGTON — La chef conservatrice intérimaire Rona Ambrose se sent un peu rassurée après sa rencontre avec le représentant de l’administration Trump en matière de commerce et souhaite pouvoir transmettre ce message au Canada afin de calmer la nervosité dans la communauté d’affaires.
La chef de l’opposition a rencontré le secrétaire au Commerce Wilbur Ross durant sa visite à Washington, lundi. Elle a soutenu que M. Ross avait reconnu non seulement la valeur de la relation commerciale canado-américaine, mais aussi la nécessité d’offrir une stabilité et un climat de confiance aux gens d’affaires.
En entrevue avec La Presse canadienne, Mme Ambrose a affirmé que M. Ross «comprend l’importance de la relation canado-américaine» et «de la confiance du milieu des affaires».
Ce désir de calmer la nervosité de la communauté d’affaires est l’une des raisons qui expliquent pourquoi la chef conservatrice souhaite une renégociation plus rapide de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).
Certains observateurs estiment plutôt que la lenteur pourrait favoriser le Canada, en laissant le temps s’écouler avant l’élection au Mexique, ce qui pourrait pousser Donald Trump à offrir rapidement un accord par crainte que ne soit élu un candidat de gauche peu favorable à son administration.
Rona Ambrose n’est pas d’accord avec cette vision.
Elle craint en effet que l’approche lente ne fasse que prolonger l’incertitude. Elle cite l’ALÉNA, la réforme fiscale américaine, la politique «Buy American» et le conflit sur le bois d’oeuvre comme des facteurs pouvant soulever des inquiétudes chez les investisseurs.
«Nous savons qu’il y a déjà des gens qui retardent des décisions d’affaires à cause de cela», a-t-elle souligné.
Elle juge également que des délais additionnels pourraient nuire aux relations avec le Mexique.
Si le dossier traîne jusqu’au beau milieu de l’élection mexicaine, cela pourrait se traduire par davantage d’antiaméricanisme pendant la campagne, plus de propositions protectionnistes et, potentiellement, un affaiblissement de la compétitivité du continent comparativement à d’autres partenariats commerciaux.
«Nous devons avoir une vue d’ensemble», a-t-elle insisté.
Rona Ambrose était accompagnée à cette rencontre par l’ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton.
Elle a déjà clairement indiqué que son parti collaborerait avec le gouvernement lors des négociations sur l’ALÉNA plutôt que d’adopter une position partisane. Elle dit notamment avoir discuté avec la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, de la possibilité que des députés membres d’un comité parlementaire sur le commerce puissent voyager à travers les États-Unis pour souligner les relations commerciales avantageuses pour les deux pays.
Selon Mme Ambrose, c’est une question d’intérêt national. Elle a d’ailleurs écrit au premier ministre Justin Trudeau afin de lui offrir les contacts et l’expertise de son parti.