La grève des postes n’aurait pas nui à l’économie canadienne
Le syndicat des travailleurs et travailleuses de la poste a publié mardi un rapport pour démontrer que la grève de juin 2011 n’a pas nui à l’économie canadienne.
Cette grève faisait suite à l’échec des négociations entre le Syndicat des travailleurs et travailleuses de la poste (SPPT) et Postes Canada sur une nouvelle convention collective.
Le rapport se base sur des témoignages fournis par les entreprises et associations qui ont été touchés par les grèves tournantes et le lock-out. L’étude menée par le syndicat présente l’influence de la grève comme négligeable. Le lock-out aurait par contre beaucoup plus touché les entreprises.
«Le document prouve que le gouvernement Harper n’a pas adopté la loi spéciale de retour au travail, il y a un an exactement aujourd’hui, pour des raisons économiques, a déclaré Denis Lemelin, président national du STTP. Il l’a adoptée parce qu’il a dans sa mire les travailleurs et travailleuses.»
Avant le lock-out, Deepak Chopra, PDG de Postes Canada, estimait le coût des grèves tournantes à plus de 100 millions de dollars. Un chiffre considéré comme «exagéré» selon la STTP, qui, dans son rapport, chiffre les pertes occasionnés par la grève à 58 millions de dollars.
Pour Poste Canada, la situation est plus compliquée. Cette grève semble avoir convaincu un nombre encore indéfini de clients d’utiliser le courriel, au détriment du papier, comme outil principal pour leurs communications. «C’est très difficile de chiffrer les conséquences de cette grève», explique Anick Losier, porte-parole de Postes Canada, «après la grève, beaucoup de clients se sont tournés vers des alternatives électroniques.»
La STTP avait commencé ses grèves tournantes le 2 juin. Le lock-out de Postes Canada avait mis à pied les 48 000 membres de la STTP du 14 au 26 juin 2011 avant qu’une loi forçant la reprise du travail ne soit adoptée par le gouvernement.
Interrogé sur la nécessité de cette loi même en cas de retombées économiques « négligeables », le gouvernement est resté sur sa position. «Ces mesures ont été adoptées afin d’éviter des répercussions sur la reprise économique du Canada et d’assurer que tout les Canadiens qui comptent sur les services postaux pour le transport de biens essentiels ne soient pas indûment touchés.»