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12:26 21 octobre 2017 | mise à jour le: 21 octobre 2017 à 13:33 Temps de lecture: 3 minutes

Fuite d’ammoniac dans les arénas: un grave danger

Fuite d’ammoniac dans les arénas: un grave danger
Photo: THE CANADIAN PRESSA memorial is seen outside of City Hall in Fernie, B.C. on Friday, October 20, 2017. The City of Fernie, B.C., shut down its operations Friday to give staff time to grieve the deaths of co-workers following an ammonia leak at the local ice rink. The provincial coroners service said the men who died were Fernie residents Wayne Hornquist, 59, and Lloyd Smith, 52, and 46-year-old Jason Podloski of Turner Valley, Alta. THE CANADIAN PRESS/Lauren Krugel

VICTORIA — La médaillée olympique et ancienne championne du monde de patinage artistique Karen Magnussen peut encore sentir au creux de sa poitrine l’endroit où ses poumons ont été brûlés par une fuite d’ammoniac il y a six ans, la laissant handicapée et incapable de retourner sur une patinoire enfin d’enseigner le sport qu’elle adore.

Mme Magnussen, qui est aujourd’hui âgée de 65 ans, affirme que la mort de trois hommes survenue cette semaine à Fernie, en Colombie-Britannique, à la suite d’une fuite d’ammoniac dans un aréna est une horrible tragédie et exhorte les collectivités du pays à s’assurer que les systèmes de refroidissement de leurs arénas font l’objet d’inspections et d’entretiens réguliers.

Dans une entrevue téléphonique depuis sa résidence à Langley, en Colombie-Britannique, l’ex-championne a déclaré que ce problème devrait être une priorité puisque le hockey est le sport national du Canada et que les Canadiens, enfants comme adultes, passent énormément de temps dans les arénas.

Karen Magnussen a dit avoir été victime d’une fuite d’ammoniac en novembre 2011 au North Shore Winter Club à North Vancouver où elle enseignait le patin.

Selon l’ancienne athlète, cette fuite ressemblait à celle qui s’est produite à Fernie et elle a été très chanceuse de ne pas en mourir.

Mme Magnussen a raconté qu’elle était sortie de son bureau et s’était retrouvée au beau milieu du nuage d’ammoniac. Elle a précisé que des responsables avaient tenté de l’avertir en agitant les mains, mais qu’elle n’avait pas compris ce qu’ils essayaient de lui dire. Aucune alarme n’avait été déclenchée pour prévenir les gens du danger.

«Depuis les six dernières années, ma santé s’est détériorée, a-t-elle confié. Je souffre d’infections pulmonaires. Je tousse tout le temps. Ça rend ma famille folle, mais je ne peux pas m’en empêcher. Je ne peux même plus aller sur la glace.»

L’ex-patineuse, qui a remporté la médaille d’argent aux Jeux olympiques de 1972 et le championnat mondial en 1973, a ajouté que son expérience devrait avoir servi de leçon aux responsables des arénas partout au pays, mais que ce n’était apparemment pas le cas puisque trois hommes étaient décédés en raison d’une nouvelle fuite d’ammoniac.

«J’ai l’impression que cela n’a pas été pris très au sérieux, a-t-elle soutenu. Mais si on ne le fait pas, une grande tragédie risque de se produire au Canada. Il y a trop de gens qui sont dans des arénas de 6 h à minuit tous les jours.»

L’ammoniac est fréquemment utilisé dans les systèmes de réfrigération, dont ceux des patinoires. Il y est présent sous sa forme liquide, mais devient un gaz dès qu’il s’échappe dans l’air.

D’après le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail, l’ammoniac est un gaz incolore qui est toxique s’il est inhalé.

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