Environnement

Harper contre la science

Photo: Fred Chartrand/PC

Mercredi dernier, plus de 1 000 scientifiques ont défilé dans les rues d’Ottawa. Vêtus de sarraus blancs, ils ont défilé en cortège funèbre pour dénoncer la «mort de la preuve scientifique». En guise de symbole, ils portaient un tombeau : celui de la science. Une de leurs pancartes titrait : «Pas de science, pas de démonstration basée sur les faits, pas de vérité!»

Les scientifiques à l’emploi du gouvernement fédéral dénonçaient ainsi les compressions budgétaires dans le domaine scientifique. Ces compressions ont entraîné la fin de plusieurs programmes de recherche ainsi que la fermeture pure et simple de nombreux centres de recherche. Les coupures touchent les programmes de recherche d’Environnement Canada, de Pêches et Océans Canada, du Conseil national de recherches Canada et de Statistique Canada. Les manifestants ont aussi protesté contre l’interdiction qui leur est faite de s’exprimer librement sur la place publique!

Plusieurs discours (rebaptisés «oraisons funèbres» pour la circonstance) ont été prononcés. Parmi les orateurs, il y avait Scott Finlay, ancien directeur de l’Institut de l’Environnement de l’Université d’Ottawa. Selon Finlay, le gouvernement Harper n’a d’intérêt que pour l’information qui appuie ses politiques. En conséquence, l’information qui atteint le public est plus souvent qu’autrement de la propagande. Interrogé sur les ondes de Radio-Canada, le directeur de l’ACFAS (Association francophone pour le savoir) a tenu sensiblement les mêmes propos : ce qui compte pour ce gouvernement, ce ne sont pas les faits, ce n’est pas la réalité, mais bienson idéologie.

Selon le quotidien Globe & Mail, les protestataires sont convaincus que le gouvernement conservateur tente d’abolir ou d’affaiblir les institutions scientifiques dans le but de faire sauter les mécanismes de protection de l’environnement. Il sera ainsi plus facile de mettre en œuvre son programme d’exploitation effrénée touchant notamment les sables bitumineux de l’Alberta.

Pour toute société, s’attaquer à la science est quelque chose de très dangereux. On en a l’exemple aux États-Unis, où les lobbies pétroliers financent de faux scientifiques qui nient l’existence même du réchauffement climatique… Pendant ce temps, des sécheresses historiques frappent pas moins de 23 États, et l’état d’urgence y a été décrété par les autorités.

Les scientifiques qui ont manifesté à Ottawa méritent tout notre appui.

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