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Le budget fédéral bonifie l’aide internationale

Le budget fédéral bonifie l’aide internationale
Photo: Getty ImagesYIDA REFUGEE CAMP, SOUTH SUDAN - JULY 3: MSF Doctor Emmanuel Berbain examines a young patient as medical staff look on at the MSF ( Medecins Sans Frontieres ) hospital at the Yida refugee camp along the border with North Sudan July 3, 2012 in Yida, South Sudan. Yida refugee camp grows by each day and now has swollen to well over 60,000, as the refugees flee from South Kordofan in North Sudan. The numbers of refugees arriving from north Sudan vary from 500 to 1,000 a day. Water has been a precious resource that aid agencies have struggled with. The rainy season has increased the numbers of sick children suffering from Diarrhea and severe malnutrition as the international aid community struggles to provide basic assistance to the growing population, most have arrived with only the clothes they are wearing. Many new arrivals walked from 5 days up to 2 weeks or more to reach the camp. (Photo by Paula Bronstein/Getty Images)

OTTAWA — Les organismes de développement international ont salué mardi le budget fédéral, qui a consacré l’investissement le plus important en aide internationale depuis plus d’une quinzaine d’années.

Le budget du ministre des Finances Bill Morneau a prévu une enveloppe de 2 milliards $ sur cinq ans en aide internationale, qui sera dépensée par l’entremise du Programme d’innovation en aide internationale, conçu pour conclure de nouvelles ententes de financement flexibles, et le Programme de prêts souverains.

C’est la hausse plus importante du budget de l’aide internationale depuis 16 ans, après une dizaine d’années d’austérité et de compressions qui avaient nui à la réputation du Canada dans le monde.

Le premier ministre Justin Trudeau pourrait rappeler ces investissements considérables lorsqu’il recevra ses homologues des pays du G7, qui seront réunis lors d’un sommet, en juin, dans la région de Charlevoix.

Le chanteur du groupe U2, Bono, qui est cofondateur de l’organisme ONE, a couvert de fleurs le premier ministre, qui selon lui a «prouvé son leadership» avec ce budget.

CARE Canada a accueilli favorablement la nouvelle, mais l’organisme s’est montré plus prudent, affirmant qu’il s’agit d’un «premier pas» dans l’objectif du G7 pour diminuer la pauvreté.

Sa présidente, Gillian Barth, croit que le gouvernement devra «augmenter ses ambitions au niveau de la volonté des Canadiens pour accroître l’influence et la compassion sur la scène internationale».

Bien qu’il s’agisse d’une hausse de neuf pour cent la première année, les augmentations se chiffrent à moins de deux pour cent les années suivantes, a-t-elle fait remarquer.

«C’est insuffisant pour s’arrimer au niveau de l’inflation», a-t-elle soutenu.

Michael Messenger, le président de Vision mondiale Canada, estime qu’il s’agit d’une «première étape importante et nécessaire».

«Les conflits qui s’enflamment, les menaces de santé et les économies affaiblies ont créé des besoins dans le monde encore jamais vus dans les derniers temps, surtout pour les enfants vulnérables — et l’aide internationale canadienne est une partie importante de la solution», a-t-il déclaré.

Une période de vaches maigres depuis des années

Sous les libéraux de Justin Trudeau, le budget du développement international s’est avéré aussi modeste que sous l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les dépenses du Canada en aide internationale représentaient 0,26 pour cent du produit intérieur brut (PIB), ce qui plaçait le pays au 15e rang parmi les 35 pays membres de l’organisation.

C’est bien en deçà de la cible de 0,7 pour cent fixée par les Nations unies — un objectif qui avait été établi selon les recommandations d’une commission internationale dirigée par l’ancien premier ministre canadien Lester B. Pearson.

Le Canada n’a jamais atteint le 0,7 pour cent; seulement quelques pays y sont arrivés, dont le Royaume-Uni, qui fait partie du G7.

Le gouvernement Harper avait été largement critiqué en 2010 pour ne pas avoir augmenté les dépenses du Canada en développement international alors que le Canada était l’hôte de l’ancien G8. Le gouvernement conservateur avait respecté un engagement pris en 2002 par les libéraux de Jean Chrétien qui visait à doubler en 2010 l’aide internationale consacrée à l’Afrique.

Mais les conservateurs avaient ensuite gelé le budget d’aide internationale, puis avaient imposé des compressions.

Selon le budget présenté mardi, le Canada dépensera 594 millions $ pour le sommet du G7 et les rencontres ministérielles le précédant.

Avant cela, les libéraux avaient prévenu qu’il serait difficile d’atteindre la cible de 0,7 pour cent, signifiant qu’ils avaient d’autres priorités.

«Le fait d’échouer à arriver près de la cible d’aide internationale…soulève des questions légitimes à savoir si « le Canada est de retour »», avait écrit dans le magazine «The Lancet» Timothy Evans, directeur principal du département de la santé, de la nutrition et de la population de la Banque mondiale.

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