Pas facile pour le PQ à Québec, reconnaît Marois
QUÉBEC – La chef péquiste Pauline Marois s’est aventurée, lundi, à la première pelletée de terre du futur amphithéâtre de Québec, peu après Jean Charest, non sans essuyer les huées de plusieurs partisans du retour des Nordiques.
Elle a été mal reçue pour une des premières fois de sa campagne à l’activité «J’ai ma pelle», qui regroupait des milliers de personnes dans le stationnement d’un centre commercial de Québec, sous un chaud soleil. Cette fête visait à souligner le début imminent du chantier du futur amphithéâtre de 400 millions, payé à moitié par le gouvernement du Québec.
Après avoir reçu un accueil spontané très chaleureux pendant les premières minutes, elle a continué à serrer des mains et signer des autographes, jusqu’à ce qu’elle arrive devant un groupe plutôt hostile. Plusieurs personnes arborant le chandail des Nordiques se sont mises à la huer et à crier «Canada! Canada!».
Son équipe l’a alors rapidement tirée par la manche pour la ramener à son autocar de campagne. La chef ne semblait pas démontée outre-mesure.
Pas moins de 20 000 personnes étaient attendues à cette activité.
Plus tôt lundi, la chef péquiste Pauline Marois a reconnu que la tâche ne sera pas facile pour son parti dans la grande région de Québec.
Elle a fait cet aveu à ses militants, lundi, dans la capitale, où elle allait faire sa dernière journée de campagne.
Les derniers sondages donnaient le PQ bon troisième, derrière la CAQ et le PLQ, sauf dans Taschereau, détenue par la péquiste Agnès Maltais.
«Il s’agit pas de se raconter des histoires entre nous, je sais que c’est un peu plus difficile pour Québec», a-t-elle dit aux quelques dizaines de militants venus la saluer lundi matin dans le secteur Cap-Rouge.
Quant à savoir pourquoi le PQ ne lève pas dans la région, Mme Marois a dit qu’elle n’avait «pas de réponse à donner».
La chef péquiste avait pourtant engagé son parti à appuyer le projet de loi 204, sur l’attribution de la gestion du futur amphithéâtre à Quebecor — un projet populaire à Québec, mais qui a failli faire exploser le PQ en 2011 en raison de la défection de députés qui y étaient notamment opposés.
«Nous avons agi selon nos convictions, c’est un bon projet pour Québec (…), même s’il nous a coûté assez cher», a-t-elle convenu.
Elle soutient que ce n’est pas l’alignement à gauche de son parti qui lui fait mal dans la région de la capitale, reconnue comme un terreau fertile pour la CAQ, et autrefois pour les conservateurs.
Selon elle, les citoyens de cette région, comme ceux du reste du Québec, ont des besoins auxquels le programme du PQ répond.
Consciente que les habitants de la région sont particulièrement sensible au discours sur la dette et le gaspillage gouvernemental, elle a affirmé qu’«on peut être à gauche, mais responsable et rigoureux».