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Banques alimentaires: 155 000 Québécois aidés

OTTAWA – Le Québec s’en tire peut-être un peu mieux que la plupart des autres provinces, mais plus de 150 000 personnes par mois ont tout de même recours aux banques alimentaires, a fait savoir Banques alimentaires Canada en dévoilant mardi son bilan-faim 2012.

Les chiffres démontrent ainsi qu’un nombre inacceptable de Québécois sont dans le besoin, estime l’organisme caritatif national qui représente la communauté des banques alimentaires du pays. Comme à chaque année, ce bilan recueille ses données au mois de mars.

De façon globale au pays, un nombre record de Canadiens — soit plus de 800 000 — doivent de tourner vers les banques de dépannage dans un mois typique, note Banques alimentaires Canada. Selon leurs calculs, plus d’un tiers d’entre eux sont des enfants.

«Il est choquant de constater que dans un pays aussi prospère que le Canada, des centaines de milliers d’enfants comptent sur les banques alimentaires pour avoir suffisamment à manger», a déclaré Katharine Schmidt, directrice générale de Banques alimentaires Canada.

Au Canada, le recours aux banques alimentaires a connu une hausse de 31 pour cent entre 2012 et la période qui a précédé la récession de 2008. L’Alberta et la Saskatchewan ont notamment connu des augmentations importantes de demandes de paniers.

Quant au Québec, la hausse de l’usage des banques de denrées a été moins marquée, mais a néanmoins augmenté de 22 pour cent entre 2008 et 2012.

Bref, plus de 420 000 paniers de provisions ont été distribués en mars 2012 aux Québécois, précise pour sa part Banques alimentaires Québec. Une hausse de 17 pour cent par rapport à l’année précédente. Sans compter que ce chiffre ne tient pas compte du nombre grandissant de repas et collations offerts à ceux qui sont dans le besoin et qui constituent le deux tiers des demandes d’aide, a indiqué Pascale Demers qui travaille au sein de l’organisme québécois.

Selon Philippe Ozga de Banques alimentaires Canada, certains facteurs expliquent pourquoi le Québec fait quand même un peu meilleure figure. Il juge que les garderies à 7 $ et certains services sociaux disponibles au Québec donnent un coup de pouce aux familles.

«Sauf qu’on est un peu inquiet vu que l’économie semble ralentir au Québec. On va peut-être voir une hausse dans les années futures. Donc il y a aussi beaucoup de travail à faire au Québec», dit M. Ozga.

Les besoins accrus d’aide sont directement liés à la situation économique, croit-il. Même si le gouvernement fédéral se félicite d’avoir récupéré une bonne partie des emplois perdus lors de la récession, les responsables de Banques alimentaires Canada mettent en garde contre cette affirmation: les emplois récupérés sont souvent plus précaires et moins bien payés que ceux que les travailleurs détenaient avant la crise.

Les dons aux banques de denrées se sont faits plus rares aussi. M. Ozga dit que les Canadiens ont continué à être généreux, même durant la récession, mais qu’ils étaient moins nombreux à être en mesure de contribuer. Bref, les banques n’avaient pas assez de nourriture et ont dû diminuer la grosseur des paniers offerts.

Banques alimentaires Canada fournit aux gouvernements provinciaux et fédéral des pistes de solutions pour combattre cette pauvreté persistante. L’organisme suggère notamment d’investir dans le logement abordable, «afin que les Canadiens à faible revenu n’aient plus à décider entre payer leur loyer et nourrir leur famille».

On recommande aussi de créer un fonds fédéral pour l’innovation en matière de sécurité alimentaire dans le Nord — où les habitants souffrent particulièrement de carences alimentaires — et aussi de bonifier le supplément de revenu garanti pour s’assurer que les personnes âgées ne tombent pas sous le seuil de la pauvreté.

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