Meurtre d’une instructrice de yoga montréalaise à Halifax: l’inculpé fait appel
HALIFAX — L’homme de Halifax reconnu coupable relativement à la mort violente d’une instructrice de yoga montréalaise fait appel du verdict et de la peine.
Nicholas Butcher a été reconnu coupable en avril de meurtre au deuxième degré; le jury a conclu que l’accusé avait effectivement poignardé à mort Kristin Johnston, âgée de 32 ans, le 26 mars 2016.
Le meurtre au deuxième degré est passible d’une peine de prison à vie, mais le tribunal a décidé en août que Nicholas Butcher, âgé de 36 ans, pourrait demander une libération conditionnelle après avoir purgé 15 ans de prison, moins les 29 mois déjà purgés en détention préventive.
En faisant appel du verdict et de la peine, la défense invoque plusieurs motifs, notamment le fait que le juge aurait commis une erreur en autorisant la preuve de «mauvaise réputation» et les déclarations par ouï-dire de la victime. Dans son avis d’appel, déposé le mois dernier, la défense prétend aussi que les directives du juge étaient trop longues et compliquées pour que les jurés puissent les suivre. Pour ce qui est de la peine, la défense soutient que la période d’inadmissibilité de 15 ans à la libération conditionnelle est trop longue.
La défense réclame que la condamnation soit annulée et qu’un nouveau procès soit ordonné — ou du moins que la période d’inadmissibilité à la libération conditionnelle soit réduite. Il appert également que si un nouveau procès était ordonné, M. Butcher préférerait un procès devant juge seul.
Nicholas Butcher avait été accusé après que la police eut retrouvé le corps de Mme Johnston près d’un couteau à steak sur un lit trempé de sang dans sa maison de Halifax, en mars 2016. M. Butcher, diplômé en droit mais incapable de trouver du travail dans son domaine, vivait alors avec Mme Johnston.
Lors de l’audience d’inadmissibilité à la libération conditionnelle de l’homme, en août, le juge Joshua Arnold a raconté comment M. Butcher avait lu sur Facebook les messages de Mme Johnston, qui évoquait son désir de mettre fin à leur liaison. Le juge Arnold a relaté que le 26 mars 2016, Nicholas Butcher avait mis un oreiller sur le visage de Mme Johnston et l’avait poignardée à plusieurs reprises.
«M. Butcher a ensuite tenté de se suicider en se coupant le bras avec un couteau et un rasoir, allongé à côté de Mme Johnston dans son lit, a résumé le juge. Lorsque cela n’a pas fonctionné, il s’est tailladé le cou 13 fois. Lorsque cela n’a pas fonctionné non plus, M. Butcher a récupéré une scie à onglets dans le sous-sol et l’a apportée dans la chambre à coucher, puis s’est coupé un bras.» Le tribunal a appris au procès que la main droite de Nicholas Butcher avait été rattachée chirurgicalement.
Le jury avait rendu son verdict après cinq heures de délibérations.
Mme Johnston, dont le frère était propriétaire d’un studio de yoga Bikram à Montréal, s’était installée à Halifax en 2011 avec le rêve d’y ouvrir son propre studio.