Vétérans: Ottawa reverrait les délais à la hausse
OTTAWA — Le gouvernement fédéral cherche à prolonger le temps dont disposent les responsables pour répondre aux besoins des anciens combattants qui recherchent différents types de prestations et de soutien pour leurs blessures liées à leurs fonctions.
Cette décision fait suite à des années de critiques adressées au ministère des Anciens Combattants, pour avoir constamment forcé les anciens membres des services militaires à attendre des mois de plus que promis pour obtenir de l’aide — ou même pour savoir s’ils sont admissibles.
Ces retards accentueraient le stress et la frustration des anciens combattants blessés qui attendent une aide médicale ou financière.
Anciens Combattants Canada affirme qu’il veut donner aux vétérans une idée plus «réaliste» du moment auquel ils peuvent s’attendre à recevoir de l’aide et qu’une grande partie des nouveaux délais seront appliqués avant la fin de l’exercice financier.
Mais Virginia Vaillancourt, présidente nationale par intérim du Syndicat des employés des anciens combattants, fait valoir que la solution ne consiste pas à faire attendre les vétérans plus longtemps.
Selon elle, il faut investir davantage de ressources pour éviter qu’ils aient à attendre en premier lieu.
«Avec plus de personnel dans le bureau, cela signifie que les anciens combattants vont obtenir le service, les prestations et les soins auxquels ils ont droit — et que le gouvernement leur a promis», a souligné Mme Vaillancourt.
«Que vous leur disiez que ce sera dans huit ou 24 semaines, ils sont toujours stressés d’attendre et de ne pas savoir s’ils seront approuvés pour des services et des prestations», a-t-elle ajouté.
Anciens Combattants Canada a eu du mal à fournir des prestations et un soutien opportuns aux ex-militaires pendant des années, en partie à cause des compressions budgétaires et des mises à pied de l’ère conservatrice, dont le ministère ne s’est pas encore remis entièrement.
Forte hausse de la demande
Le problème a été aggravé par la forte augmentation de la demande de services au cours des dernières années, ce qui a entraîné un retard dans le traitement des demandes de prestations d’invalidité et a ralenti les délais de réponse dans la fourniture de l’aide.
Les libéraux du premier ministre Justin Trudeau ont promis, lors de la plus récente campagne électorale fédérale, de régler le problème en embauchant davantage de personnel. Ils ont récemment annoncé 42 millions $ sur deux ans pour traiter un arriéré de demandes de prestations d’invalidité qui avait atteint 29 000 dossiers.
Mais les résultats se font attendre. Alors que les anciens combattants blessés se font dire qu’ils peuvent s’attendre à savoir dans les 16 semaines s’ils sont simplement admissibles à des prestations d’invalidité, l’ombudsman, Guy Parent, a constaté que l’attente moyenne était de 23 à 29 semaines.
Le ministère a aussi dépassé systématiquement ses propres objectifs en matière d’accès rapide aux soins de longue durée, aux services de formation professionnelle, aux prestations de remplacement du revenu et aux services de réadaptation.
En outre, il a échoué de manière répétée à répondre rapidement aux appels téléphoniques des anciens combattants en moins de deux minutes.
Des documents obtenus par La Presse canadienne grâce à la Loi sur l’accès à l’information montrent que les responsables ont examiné de près la pertinence de modifier le moment à partir duquel les délais sont comptabilisés pour certains types de services, et l’extension des délais promis dans d’autres cas.
Un calendrier plus réaliste que l’objectif actuel de 16 semaines pour l’approbation des demandes de prestations d’invalidité serait de 20 à 30 semaines, en fonction de l’état de santé du demandeur, indiquent les responsables dans les documents.