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16:47 19 décembre 2018 | mise à jour le: 19 décembre 2018 à 17:17

Le Conseil de presse rejette la plainte de Chambly

Le Conseil de presse rejette la plainte de Chambly
Photo: Yves Provencher/Métro

MONTRÉAL — Le Conseil de presse du Québec rejette une plainte déposée par la ville de Chambly, en Montérégie, contre la Société Radio-Canada et rabroue la municipalité au passage pour le manque de transparence qui a mené à la plainte au départ.

La plainte, déposée le 17 janvier dernier par le directeur général de la municipalité au nom de la Ville, reprochait à la SRC d’avoir déformé l’information en publiant sur son site web une nouvelle avec le titre «Chambly: une séance du conseil municipal sous surveillance policière», titre qu’elle qualifiait de «sensationnaliste» et qu’elle estimait ne refléter «en rien le sujet traité» puisque l’article portait sur un nouveau règlement interdisant la captation d’images durant les séances du conseil municipal.

La Ville reprochait aussi à la société d’État de faire preuve d’un manque d’indépendance en choisissant de publier une photo de la séance du conseil municipal, tenue la veille, alors que, justement, la captation d’images était interdite.

Le Conseil de presse note dans son analyse que l’article faisait mention de la présence de deux agentes de police dans la salle et conclut que «ce titre est conforme aux faits énoncés dans l’article et qu’il ne déforme en rien la réalité»

Appel à la désobéissance civile?
Quant à la photo publiée par la SRC, la Ville soutenait qu’en publiant une photo prise par un citoyen en contravention au règlement interdisant la captation d’images, Radio-Canada allait au-delà du reportage, de l’analyse ou du commentaire puisqu’il allait jusqu’à faire «la promotion de la désobéissance civique» et se faisait «complice en ne respectant pas […] ledit règlement».

Le Conseil, lui, «ne voit aucun appel à la désobéissance civile dans le fait de publier cette photographie» et ajoute n’avoir trouvé «aucun manquement en matière d’indépendance journalistique dans le fait de diffuser cette information».

Quant à une possible contravention au règlement municipal, le tribunal d’honneur des médias précise que l’interprétation de textes juridiques ne relève pas de sa juridiction et qu’il n’analyse les plaintes «qu’en fonction des normes déontologiques journalistiques».

Rappel éthique
Le Conseil de presse va d’ailleurs plus loin, ajoutant dans sa décision un «commentaire éthique», dans lequel il souligne que sa mission est de protéger le droit du public à l’information.

Il rappelle donc à la Ville de Chambly «l’importance, pour le public, d’avoir accès à l’information provenant des séances publiques» et qu’«un conseil municipal est une assemblée publique».

Ainsi, écrit le Conseil de presse, «les médias d’information et les journalistes, en diffusant les images et le contenu de ces rencontres publiques, exercent leur travail fondamental d’informer les citoyens».

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec avait vivement dénoncé l’interdiction de prendre des images.

La Ville de Chambly a finalement décidé, en mai, de permettre la captation d’images, mais seulement pour les médias d’information, une décision qui n’a satisfait les citoyens qu’à moitié, alors que pour eux, l’interdiction de filmer les séances est maintenue et assortie d’une amende de 149$ en cas d’infraction.

Fait à noter, la plainte et l’ensemble du dossier datent du 17 janvier dernier et précèdent donc de plusieurs mois la diffusion du reportage de l’émission «Enquête» qui, le 22 novembre dernier, faisait état d’abus de pouvoir et de menaces de la part du maire de la municipalité, Denis Lavoie.