ABI: plainte pour négociation de mauvaise foi
TROIS-RIVIÈRES, Qc — Le Syndicat des Métallos, qui représente les 1030 travailleurs en lock-out de l’Aluminerie de Bécancour, compte déposer une plainte pour négociation de mauvaise foi auprès du Tribunal administratif du travail jeudi.
La veille, la multinationale américaine Alcoa avait annoncé son intention de couper de moitié la production de la dernière série de cuves active de l’aluminerie.
Selon le syndicat, cette décision accroît le coût du lock-out et le temps nécessaire au redémarrage de l’usine — «un manque flagrant de respect pour le processus de négociation» à quelques heures de l’échéance gouvernementale pour l’obtention d’une entente.
À l’automne, le ministre du Travail, Jean Boulet, avait mis sur pied un conseil de médiation présidé par l’ex-premier ministre Lucien Bouchard et fixé le 30 novembre comme date butoir. La médiation a ensuite été prolongée jusqu’au 21 décembre.
«Si l’employeur croyait en ce processus-là (…) il n’aurait pas annoncé la fermeture de sa dernière série de cuves, c’est insensé et c’est pour cela qu’on dépose notre plainte», a déclaré l’adjoint au directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux.
M. Lemieux dit également interpeller le premier ministre, François Legault, pour qu’il rencontre les dirigeants d’Alcoa et «les obliger à revenir à la table des négociations et à négocier de bonne foi».
Le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, reproche à l’employeur de multiplier les demandes de concession, de revenir sur des clauses paraphées et de proposer des offres encore moins avantageuses que celles déjà refusées.
Le conflit qui s’étire depuis plus de onze mois porte principalement sur le régime de retraite des travailleurs ainsi que sur l’ancienneté concernant les mouvements de main-d’oeuvre.
Le lock-out d’ABI, propriété à 75% d’Alcoa et à 25% de Rio Tinto, avait été décrété le 11 janvier, au lendemain du rejet des offres patronales.