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Un homme exonéré après 45 ans de prison vend ses toiles pour survivre

Un homme exonéré après 45 ans de prison vend ses toiles pour survivre
Photo by: APIn this Thursday, Jan. 17, 2019 photo, Richard Phillips stands next to some of his artwork during an interview at the Community Art Gallery in Ferndale, Mich. Phillips was exonerated of murder in 2018 after 45 years in prison. Lawyers say he should be entitled to more than $2 million under Michigan's wrongful conviction law, but the state so far is resisting. So Phillips, 73, is selling some of his 400-plus watercolors that he painted in prison. (AP Photo/Carlos Osorio)

FERNDALE, Mich. — Richard Phillips a raconté qu’il ne s’était pas beaucoup morfondu au cours de ses 45 années passées injustement en prison. Il a peint des aquarelles dans sa cellule: des paysages chaleureux, des portraits de personnages célèbres comme mère Teresa, des vases remplis de fleurs, un bassiste jouant du jazz…

«Je ne pensais pas que j’allais redevenir libre un jour. Cet art est ce que je faisais pour rester sain d’esprit», a souligné l’homme de 73 ans.

M. Phillips pourrait recevoir plus de 2 millions $ en vertu d’une loi du Michigan qui indemnise les personnes condamnées par erreur, mais jusqu’à présent, l’État résiste et la question n’est pas réglée. Il a donc décidé d’exposer une cinquantaine de ses plus de 400 aquarelles dans une galerie de la région de Detroit, et il est prêt à les vendre.

Ses toiles lui sont précieuses, mais il dit qu’il n’a pas le choix: il a besoin d’argent.

Richard Phillips a été libéré de prison en 2017. En 2018, il est devenu l’Américain ayant été détenu le plus longtemps avant de bénéficier de l’exonération. Il a été blanchi d’un homicide de 1971 après une enquête menée par des étudiants en droit de l’Université du Michigan et le bureau du procureur du comté de Wayne.

M. Phillips expose ses oeuvres dans une galerie d’art de la Level One Bank à Ferndale, en banlieue de Detroit.

«Êtes-vous l’artiste? Dieu vous bénisse. Magnifique», a déclaré un client de la banque en admirant, jeudi, un tableau représentant cinq musiciens.

M. Phillips a raconté avoir acheté du matériel de peinture en vendant des cartes de vœux faites à la main à d’autres détenus. Il suivait une routine de peinture stricte chaque matin, alors que son compagnon de cellule était ailleurs. Il était parfois inspiré par des photos de journaux et aimait utiliser des couleurs vives.

Mais une cellule exiguë n’est pas un studio d’art. M. Phillips a expliqué que les règles de la prison l’empêchaient de conserver ses peintures. Il les envoyait donc régulièrement à une correspondante.

Après qu’il eut été exonéré, M. Phillips s’est rendu en autobus dans l’État de New York l’automne dernier pour rendre visite à la femme. Il a été heureux de constater qu’elle avait encore les toiles.

«Ce sont comme mes enfants», a déclaré Richard Phillips, un ancien ouvrier du secteur de l’automobile.

«Mais je n’ai pas d’argent. Je n’ai pas le choix. Sans cela, je serais au coin d’une rue avec une tasse, mendiant pour des cinq sous et des dix sous. Je suis trop vieux pour trouver un travail», a-t-il laissé tomber.

La procureure du comté de Wayne, Kym Worthy, soutient les efforts de M. Phillips pour être indemnisé pour ses années de prison. La nouvelle procureure générale du Michigan, Dana Nessel, examine le cas. C’est compliqué parce qu’il a toujours une condamnation distincte, qui est contestée, dans le comté d’Oaklan, a expliqué la porte-parole Kelly Rossman-McKinney.

L’avocate de M. Phillips, Gabi Silver, qui l’a aidé à s’adapter à sa nouvelle vie en liberté, a déclaré que les peintures sont une source d’inspiration.

«Souffrir comme il a souffert, être capable de trouver du bon chez les gens et de voir la beauté de la vie, c’est remarquable», a-t-elle affirmé.

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