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Pas d'uniforme policier au défilé gai de Toronto

Pas d'uniforme policier au défilé gai de Toronto
Photo by: Mark BlinchMark Blinch / La Presse Canadienne

TORONTO — Les policiers de Toronto ne pourront pas porter l’uniforme s’ils veulent participer aux défilés de la fierté gaie, a décidé mardi soir, dans un vote extrêmement serré, le groupe qui organise l’événement.

Les membres de «Pride Toronto» ont exclu «indéfiniment» les uniformes de la police par un vote de 163-161, ce qui révèle une profonde division au sein même de la communauté LGBTQ de la métropole canadienne. Les policiers torontois pourront toujours participer au «défilé de la fierté», mais pas en uniforme.

Pour la directrice générale de «Pride Toronto», Olivia Nuamah, ce vote illustre l’incompréhension et l’insatisfaction qui persistent dans la communauté LGBTQ relativement au travail de la police.

Mme Nuamah a indiqué que l’organisme prévoit utiliser une récente subvention fédérale de 1,25 million $ pour sonder de manière approfondie les sentiments de la communauté LGBTQ à l’égard de la police et déterminer la voie à suivre pour l’avenir.

Le maire John Tory s’est dit «profondément déçu» du résultat de ce vote. Il a estimé que Mme Nuamah et le directeur de la police, Mark Saunders, avaient déployé beaucoup d’efforts pour rétablir des relations rompues depuis longtemps entre la police et la communauté LGBTQ. Le maire a souhaité que les deux parties continuent à travailler ensemble de façon constructive jusqu’à ce qu’elles trouvent une solution.

Il y a environ trois mois, «Pride Toronto» avait levé l’interdiction faite depuis deux ans aux policiers en uniforme de prendre part à la manifestation annuelle de juin. Mais les relations entre «Pride Toronto» et la police demeurent néanmoins tendues.

Les policiers en uniforme ont d’abord été exclus du défilé en 2017, en raison de préoccupations liées au profilage racial, puis à nouveau en 2018, parce que la police était accusée de n’avoir pas pris au sérieux les disparitions de plusieurs hommes dans le quartier gai de Toronto.

Bruce McArthur, un paysagiste de 67 ans, a finalement été arrêté l’année dernière et accusé de huit chefs de meurtre prémédité relativement à ces disparitions. La communauté LGBTQ soutient qu’elle avait sonné l’alarme il y a longtemps contre la présence d’un présumé tueur en série dans le quartier gai.

En 2016, des membres du groupe «Black Lives Matter» avaient brusquement interrompu le défilé de la fierté, exigeant que les policiers en uniforme, leurs chars allégoriques et leurs véhicules de patrouille soient exclus de l’événement. Le groupe dénonçait le profilage racial dont se disent victimes les citoyens noirs à Toronto.

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