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16:17 31 janvier 2019 | mise à jour le: 31 janvier 2019 à 17:26 temps de lecture: 3 minutes

A.I. exhorte le Canada à mettre fin à une entente

A.I. exhorte le Canada à mettre fin à une entente
Photo: Getty ImagesSAO LUIS, BRAZIL - JANUARY 27: A razor wire fence stands in the Pedrinhas Prison Complex, the largest penitentiary in Maranhao state, on January 27, 2015 in Sao Luis, Brazil. Previously one of the most violent prisons in Brazil, Pedrinhas has seen efforts from a new state administration, new prison officials and judiciary leaders from Maranhao which appear to have quelled some of the unrest within the complex. In 2013, nearly 60 inmates were killed within the complex, including three who were beheaded during rioting. Much of the violence stemmed from broken cells allowing inmates and gang rivals to mix in the patios and open spaces of the complex. Officials recently repaired and repopulated the cells allowing law enforcement access and decreasing violence among prisoners, according to officials. Other reforms include a policy of custody hearings and real-time camera feeds. According to officials there have been no prisoner on prisoner killings inside the complex in nearly four months. Critics believe overcrowding is one of the primary causes of rioting and violence in Brazil's prisons. Additionally, overcrowding has strengthened prison gangs which now span the country and contol certain peripheries of cities including Rio de Janeiro, Sao Paulo and Sao Luis. Brazil now has the fourth-largest prison population in the world behind the U.S., Russia and China. The population of those imprisoned had quadrupled in the past twenty years to around 550,000 and the country needs at least 200,000 new incarceration spaces to eliminate overcrowding. A vast increase in minor drug arrests, a dearth of legal advice for prisoners and a lack of political will for new prisons have contributed to the increases. (Photo by Mario Tama/Getty Images)

WASHINGTON — Prenant prétexte de la nouvelle politique de Washington visant à renvoyer au Mexique les migrants se présentant à sa frontière méridionale, le secrétaire général d’Amnistie internationale Canada, Alex Neve, exhorte le gouvernement canadien à suspendre l’Entente sur les pays tiers sûrs conclue avec les États-Unis.

Depuis mardi, les autorités américaines mettent en vigueur leur nouvelle stratégie nommée «Protocoles de protection des migrants» consistant à renvoyer au Mexique les demandeurs d’asile en attendant de statuer sur leur sort.

Selon M. Neve, membre d’une délégation d’Amnistie internationale visant à faire le point sur la situation à la frontière des États-Unis et du Mexique, cette mesure contredit les principes sur lesquels s’établit la politique canadienne sur l’immigration.

«Le Canada maintient cette fiction absurde voulant que les États-Unis soient un pays sûr et respectent les droits de ceux qui demandent l’asile», a déploré M. Neve au cours d’une conférence de presse, à El Paso, au Texas.

Depuis deux ans, le Canada accueille un nombre croissant de migrants «irréguliers» en provenance des États-Unis depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui a aboli le «statut de protection» dont jouissaient des dizaines de milliers de personnes vivant dans ce pays.

En vertu de l’Entente américano-canadienne sur les pays tiers sûrs, les migrants qui présentent une demande d’asile à un poste frontalier canadien sont renvoyés aux États-Unis au motif qu’ils peuvent revendiquer le statut de réfugié dans ce pays. Pour éviter ce sort, des dizaines de milliers de personnes ont bravé les forêts et les champs afin de pouvoir demander l’asile au Canada. Depuis le début de 2017, environ 35 000 personnes ont revendiqué le statut de réfugié auprès de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada.

M. Neve fait valoir que la nouvelle politique américaine démontre clairement que l’administration Trump n’éprouve que du dédain pour les droits des migrants. Il a réitéré sa demande que le Canada abroge l’Entente sur les pays tiers sûrs.

«On présume ici que le Mexique est un lieu sûr, ce qu’il n’est vraiment pas», a-t-il dit.

Les États-Unis ont indiqué que les migrants qui risquent d’être persécutés dans leur pays d’origine ne seront pas renvoyés, mais on ignore les critères sur lesquels se fonderont les décisions.

«En aucune façon les États-Unis ne respectent leurs obligations nationales ou internationales par rapport à la protection et la défense des droits des réfugiés et des migrants», a soutenu M. Neve.

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