Soutenez

PLQ: Moreau veut un débat sur l'avenir des cégeps

Mélanie Marquis - La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Raymond Bachand s’est réjoui dimanche de voir ses deux adversaires «se rallier» à plusieurs des idées qu’il avait déjà défendues avant le débat des candidats à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ), mais ces derniers ont néanmoins formulé quelques suggestions qui risquent de ne pas faire l’unanimité chez les militants.

Comme l’a déjà fait le chef de la Coalition avenir Québec avant lui, Pierre Moreau a remis en question la pertinence du réseau collégial québécois. Le député de Châteauguay, qu’un sondage CROP-La Presse paru samedi place en troisième et dernière place dans la course à la direction, a fait valoir qu’un débat s’imposait puisque le Québec est la seule province au Canada qui s’est doté de ce système et que la province accuse un retard important sur les autres en matière de diplomation.

De son côté, Philippe Couillard — qui a plutôt fait valoir que les cégeps avaient été un outil formidable pour la scolarisation au Québec — a proposé de faire adopter, au sein du Parti libéral du Québec, un code d’éthique. Celui-ci régirait autant les élus que les associations de circonscriptions et les responsables du financement, a-t-il précisé à l’issue du débat.

Mais règle générale, cette première joute oratoire intitulée «Comment mieux préparer notre relève» a donné lieu à des échanges cordiaux et conviviaux entre les trois aspirants, dont les avis convergeaient souvent.

Évidemment, qui dit relève dit éducation. Et ces derniers mois, qui dit éducation dit crise étudiante. Le débat se tenait d’ailleurs au Collège de Maisonneuve, à Montréal, dont les couloirs étaient tapissés d’affiches de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) appelant au boycott du Sommet sur l’éducation mis sur pied par le gouvernement Marois.

À l’invitation de la modératrice du débat, Dominique Poirier, les trois hommes ont été invités à faire un post-mortem du Printemps étudiant qui a fait la pluie et le beau temps dans les rues de Montréal et devant les portes des établissements post-secondaires.

Sur cette question, Philippe Couillard a été le seul à remettre en question l’adoption des dispositions du projet de loi 78 — désormais la loi 12 — qui encadrait les manifestations. Ce volet de la législation, a-t-il plaidé, était «superflu».

L’ancien ministre de la Santé, considéré comme favori dans cette course au leadership, n’a pas raté l’occasion de s’attaquer au Parti québécois. «La participation préalable des élus aux manifestations étudiantes était une erreur manifeste qui les place en position de vulnérabilité aujourd’hui», a-t-il plaidé.

De leur côté, Pierre Moreau et Raymond Bachand ont convenu qu’il aurait été sage d’écouter plus attentivement les doléances des étudiants. L’ancien ministre des Finances a cependant défendu l’adoption du projet de loi 78 qui a permis, selon lui, d’«arrêter la violence d’un coup sec».

L’épineuse question du financement des universités, elle, n’est pas réglée pour autant. Et elle a mené à un rare accrochage entre Philippe Couillard et Raymond Bachand pendant le débat.

«Dans cette discussion sur les frais de scolarité, le point d’achoppement et le point de difficulté, c’est justement la question du besoin réel de financement additionnel des universités», a avancé M. Couillard avant de spécifier qu’une évaluation «rigoureuse, ouverte et transparente» des besoins additionnels du réseau universitaire en matière de financement.

Ces propos ont fait bondir l’ex-ministre des Finances: «Mais Philippe, avec tout respect, ça n’a pas de bon sens ce que tu dis, a-t-il lancé. Ça fait huit ans, dix ans que tout le monde s’entend que les universités sont sous-financées massivement de centaines de millions.»

L’une des avenues de solution pour réinjecter de l’argent dans le réseau universitaire, de l’avis des trois prétendants à la succession de Jean Charest, est la modulation des frais de scolarité en fonction des disciplines.

«Je pense que l’on doit aller vers une hausse qui est une contribution proportionnelle au revenu potentiel qu’un éventuel diplômé pourrait retirer de ses études», a affirmé Pierre Moreau.

Une mesure à laquelle est opposée depuis belle lurette la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Le regroupement a d’ailleurs écrit sur Facebook, en réaction à un reportage diffusé sur la question, que la modulation avait «un impact négatif important sur l’accessibilité aux études.»

«Comme il a été possible de le constater en Ontario, les programmes modulés comme médecine accueillent moins d’étudiants en provenance des milieux régionaux ou socioéconomiquement défavorisés qu’avant la modulation», peut-on lire dans le message publié vendredi.

Les nouveaux diplômés québécois ne suffiront cependant pas à répondre entièrement au besoin main-d’oeuvre qui se profile à l’horizon au Québec: les immigrants font également partie de l’équation.

Les trois candidats ont affirmé dimanche qu’ils étaient opposés à une baisse des niveaux d’immigration. Ils préconisent plutôt l’adoption de stratégies d’intégration ciblées aux réalités du marché du travail et une meilleure reconnaissance des acquis académiques — et à cet effet, les ordres professionnels devront se garder de se camper «dans un corporatisme de mauvais aloi», a prévenu Pierre Moreau.

La grille de sélection des immigrants pourrait également être revue afin de permettre aux candidats les plus aptes à contribuer au développement économique du Québec d’être accueillis, et ce, qu’ils maîtrisent le français ou pas, a ajouté M. Moreau. Actuellement, des points supplémentaires sont accordés aux candidats francophones.

«S’ils sont bons, ils vont apprendre le français, a-t-il martelé. On fera la francisation ici.»

Les quatre autres débats entre les prétendants à la succession de Jean Charest se tiendront au cours des trois prochaines semaines, et le congrès à la chefferie se déroulera le 17 mars.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.