Retrait de la pièce d’un cent : la bonne foi sera de mise
Le Conseil québécois du commerce de détail demande aux consommateurs et aux commerçants de faire preuve de bonne foi pendant la période au cours de la laquelle la cenne noire sera retirée de la circulation.
«On parle de sou noir, a insisté mercredi le pdg du CQCD, Léopold Turgeon. On demande à tous les intervenants d’appliquer la règle du gros bon sens.»
À partir de lundi prochain, la Monnaie royale canadienne cessera de distribuer la pièce d’un cent. Celle-ci n’est plus frappée depuis le 4 mai dernier.
Bien que la pièce d’un cent demeurera une unité monétaire pour établir des prix et qu’elle conservera sa valeur, elle sera acceptée seulement «dans les commerces qui décident de continuer à l’accepter comme moyen de paiement», indique la Monnaie royale canadienne sur son portail internet.
«Ce sera une décision commerciale», a expliqué le nouveau pdg du CQCD, Léopold Turgeon, qui n’a pas voulu prendre position pour l’ensemble de ses membres. Il recommande l’application des règles d’arrondissement proposées par le gouvernement fédéral. «Ces règles d’arrondissement sont équitables et transparentes pour le consommateur et pour le détaillant», a insisté M. Turgeon.
Les règles d’arrondissement s’appliqueront uniquement pour les paiements en argent comptant. Les transactions réglées de façon électronique ou avec un chèque ne seront nullement touchées par ces règles. Dans le secteur de l’alimentation, près de 19% des opérations sont réglées avec de l’argent comptant, d’après le CQCD. Du côté des dépanneurs, cette proportion s’élève à environ 40%. Dans les autres secteurs, les paiements en espèces sont beaucoup plus rares.
Le Mouvement Desjardins a fait savoir dans une note économique publiée mardi que les règles d’arrondissement ne permettront ni aux consommateurs et ni aux détaillants d’enregistrer un gain ou une perte nette.
Une majorité des membres du CQCD prévoient automatiser les règles d’arrondissement dans leur système de caisses. Léopold Turgeon n’a été en mesure de chiffrer l’investissement qui sera nécessaire pour faire ces ajustements, mais il a précisé qu’il sera important.
Plusieurs pays ont retiré leur pièce de petite valeur, dont l’Australie, la Norvège, la Suisse et la Nouvelle-Zélande. D’après le Mouvement Desjardins, ces retraits n’ont pas entraîné de conséquences sur l’inflation.
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a annoncé en mars 2012 la disparition prochaine de la pièce d’un cent. Le gouvernement fédéral économisera ainsi 11M$ par année. À l’échelle du Canada, ces économies atteindraient annuellement 150M$, d’après le Mouvement Desjardins. Ce montant comprend la production des pièces d’un cent ainsi que la manipulation, la manutention et l’entreposage qu’elles exigent.