Soutenez

L’aide de Québec réclamée pour diminuer le taux de suicide

Photo: Métro

L’Association québécoise pour la prévention du suicide (AQPS) demande l’aide du gouvernement du Québec pour éviter que plus de 1000 suicides ne se produisent encore cette année.

À la veille du lancement de la 23e Semaine nationale de prévention du suicide, qui se déroulera du 3 au 9 février prochain, l’AQPS rappelle que trois personnes s’enlèvent la vie chaque jour au Québec. L’association invite donc tous les actuers de la société à s’impliquer et à refuser la fatalité, pour que le suicide ne soit plus une option.

Selon le directeur-général de l’organisme, Bruno Marchand, il est impératif que les élus utilisent à bon escient leur leadership pour que la prévention du suicide devienne une priorité de santé publique.

Les nouvelles statistiques fournies par l’Institut national de santé publique du Québec, rendues publiques mercredi, révèlent que 1089 personnes se sont enlevées la vie à travers la province en 2010, ce qui correspond à un taux de 13,7 pour 100 000 habitants. Et selon les données provisoires de 2011, le nombre devrait rester sensiblement le même. Malgré que le taux de suicide ait légèrement diminué depuis le début des années 2000, il stagne autour de 1100 depuis quelques années, déplore l’AQPS.

«Si on ne met pas les bouchées doubles, on sait déjà ce qui nous attend l’année prochaine: à nouveau plus de 1000 suicides, plus de 1000 vies humaines gaspillées, plus de 1000 décès de personnes dont notre société aurait eu besoin, estime Bruno Marchand. Si nous n’avons pu éviter les précédents, il faut tout mettre en œuvre pour empêcher les prochains.»

M. Marchand croit que le gouvernement doit démontrer une volonté d’agir en mettant en place une stratégie globale sur la question, comme il l’avait fait au début des années 2000, après que le taux de suicide ait atteint un pic inquiétant de 22,2. Lorsqu’elle était en vigueur, la Stratégie québécoise d’action face au suicide avait notamment permis de diminuer le nombre de ces tristes actes dans la province.

Mettre en œuvre des campagnes de sensibilisation médiatiques pour informer les gens des ressources d’aide existantes, soutenir l’intervention téléphonique (la ligne 1-866-APPELLE) et mettre en place de l’intervention sur le web sont quelques moyens évoqués par l’AQSP pour agir à différents niveaux, puisque le suicide est un problème complexe, et n’a pas une seule cause.

Cette stratégie provinciale servirait également à unifier les services offerts, qui diffèrent de région en région. «Au Québec, il y a vraiment des bijoux qui se font en prévention du suicide, mais d’une région à l’autre, ils ne sont pas connus, regrette M. Marchand. Ça prend une volonté commune pour partager les bons coups.»

Le directeur-général de l’association ajoute que le suivi qui doit être assuré lorsqu’un patient est renvoyé à la maison après une tentative de suicide n’est pas toujours adéquat dans certaines régions. «C’est une clientèle qui est en grave danger de passage à l’acte, explique-t-il. Elle quitte l’organisation traitante où le milieu est sécurisé, elle retourne avec ses monstres dans son salon. Il y a un problème quand les gens sortent de l’hôpital sans traitement, sans suivi. Il devrait y avoir un suivi étroit, partout au Québec.»

Au moment de mettre sous presse, le ministère de la Santé et des Services sociaux n’avait pas retourné les appels de Métro à ce sujet.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.