Une politique nationale de la recherche et de l’innovation à l’automne 2013
À quelques heures à peine de l’ouverture de la quatrième rencontre thématique préparatoire au Sommet sur l’enseignement supérieur, qui se déroulera jeudi soir et vendredi, toute la journée, à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), le ministre Pierre Duchesne a tenté de justifier, en point de presse, la décision de son gouvernement d’imposer des coupes de 31 millions $ dans des fonds de recherche.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie a déclaré que son gouvernement doit travailler dans un cadre financier difficile. «On vit avec le triste héritage que nous a laissé le précédent gouvernement, des finances publiques dans un piètre état, un déficit important. L’autre héritage, c’était une crise sociale.» Pierre Duchesne a cependant ajouté comprendre l’inquiétude des chercheurs face aux coupures annoncées : «Leur inquiétude est liée à une situation que je vais expliquer. C’est la fin d’une stratégie qui avait été développée par le précédent gouvernement et c’est le début d’une autre. Nous allons mettre en place une politique nationale de la recherche et de l’innovation à l’automne. Actuellement, il y a une période de flottement qui crée de l’inquiétude mais lors du Sommet, nous veillerons à rassurer les chercheurs là-dessus.»
Selon le ministre, le Québec est parmi les endroits au monde où les investissements dans la recherche sont les plus importants. «Nous avons investi 560 millions $ en 2009.»
Dans le dossier de la hausse des frais de scolarité, le ministre Duchesne a clairement affirmé que l’accès gratuit aux études supérieures n’est pas une option envisageable par son gouvernement. « Cependant, entre la gratuité et des hausses radicales, il y a une autoroute à quatre voies et beaucoup d’options. Ça va du gel aux différentes formes d’indexation et à des modulations.»
Commentant la déclaration du chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, à l’effet de caractériser les universités selon leur taille et d’instaurer une recherche « à deux vitesses », le ministre Duchesne déclare qu’on ne peut pas séparer les universités en «grande classe» et «petite classe». «Il y aurait des universités de grandes villes et des universités de petites villes ? Pourtant, ici, à Rimouski, c’est l’UQAR qui a eu la plus grande croissance en développement de la recherche. Elle a été reconnue numéro un en 2011. L’excellence n’est pas uniquement dans les grands centres, c’est partout, et ce qui est important aussi, c’est la valeur du diplôme.»
Si des manifestations se déroulent durant le Sommet de l’enseignement supérieur, les 25 et 26 février, à Montréal, le ministre demande aux participants «de se montrer responsables lorsqu’ils exprimeront leur opinion.» Il ajoute qu’entre «une manifestation et une crise sociale, il y a une grande différence.»
C’est donc à 19 h jeudi soir, à l’UQAR, que s’ouvre la 4e rencontre thématique précédant le Sommet sur l’enseignement supérieur. Durant une journée et demie, différents partenaires, dont les centrales syndicales CSN et FTQ, la Fédération des cégeps, la Table de concertation étudiante du Québec, la Conférence des recteurs et la Fédération des chambres de commerce, vont exprimer leur opinion en lien avec le thème de cette rencontre : la contribution des établissements et de la recherche au développement de l’ensemble du Québec.