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La préoccupation de Justin Trudeau pour la langue française «dérange» une candidate conservatrice

La préoccupation de Justin Trudeau pour la langue française «dérange» une candidate conservatrice
Photo: Archives/ThinkStockLe drapeau du Canada et du Québec.

Une candidate du Parti conservateur du Canada (PCC) se dit «dérangée» par la préoccupation de Justin Trudeau pour la langue française et le Québec.

C’est ce que Justina McCaffrey, qui se présente dans la circonscription de Kanata-Carleton, en Ontario, a laissé entendre dans une entrevue dévoilée samedi sur les réseaux sociaux. La candidate a été appelée par l’animateur d’une émission anglaise à dresser un bilan du premier ministre sortant.

Les candidats libéraux Mélanie Joly, Pablo Rodriguez et Michel Picard se sont rapidement indignés de ses propos. En entrevue à Métro, la ministre sortante du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie affirme que ce type de déclaration fait reculer les droits linguistiques. «On ne doit jamais tenir les choses pour acquises et on doit toujours s’assurer de progresser», dit-elle.

Mélanie Joly estime que ces paroles sont d’autant plus inquiétantes puisque le chef du PCC, Andrew Scheer, n’a jamais dénoncé les coupures du gouvernement ontarien de Doug Ford. L’an dernier, l’Ontario avait annoncé dans sa mise à jour économique qu’elle mettait fin au projet d’université francophone, en plus d’abolir le Commissariat aux services en français.

«Il y a 15 000 Francos-Ontariens qui sont allés dans les rues pour manifester. Ç’a été la plus grande manifestation depuis l’épisode de l’hôpital Montfort dans les années 1990 et un mouvement de solidarité s’est créé partout à travers le pays. Là il y a une candidate qui tient des propos inquiétants à l’égard des francophones et des Québécois, on s’attend à ce que la moindre des choses qu’il dise, c’est que c’est inacceptable», s’indigne la candidate libérale d’Ahuntsic-Cartierville.

Des excuses insatisfaisantes pour les libéraux

Justina McCaffrey a présenté ses excuses dans l’heure suivant le dévoilement de l’extrait. «J’ai grandi à Saint-Boniface, au Manitoba, et je respecte profondément les deux langues officielles. Je regrette d’avoir mal choisi mes mots pour critiquer le bilan de Justin Trudeau», fait valoir la conservatrice sur ses réseaux sociaux.

Elle ajoute que « les libéraux de Justin Trudeau tentent de détourner l’attention de leur bilan d’échecs et du fait que le PM a menti et enfreint la loi.»

Pour Mélanie Joly, ces excuses ne seront pas suffisantes tant qu’Andrew Scheer n’y aura pas joint sa voix.

«Ça démontre un manque de leadership de la part d’Andrew Scheer quant à sa volonté de protéger les francophones au pays, déplore-t-elle. Toute personne qui souhaite devenir premier ministre doit reconnaître que le fait français au pays doit être protégé et doit être encore et toujours soutenu.»