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Crise climatique: le «cabinet de guerre» urgent à Ottawa, dit Pierre Nantel

Le candidat du Parti vert, Pierre Nantel, et le candidat libéral Réjean Hébert, lors du débat tenu jeudi soir. Photo: Josie Desmarais/Métro

La question environnementale n’a jamais vraiment préoccupé les gouvernements fédéraux s’étant succédés à Ottawa dans les dernières années, croit le député sortant de Longueuil-Saint–Hubert, Pierre Nantel. L’ancien néo-démocrate devenu candidat du Parti vert appelle ses homologues à se joindre à lui pour créer un «cabinet de guerre» sur la crise climatique.

«Depuis huit ans, les deux grands partis font surtout de la rhétorique, a expliqué l’élu fédéral lors d’un débat sur l’écologie tenu à Saint-Hubert jeudi soir. L’environnement doit être l’enjeu central de cette élection, que je considère comme étant un référendum sur le climat.»

Dans une petite église de l’avenue Hémard, la crise climatique a occupé tous les esprits dès le début de la soirée. Le néo-démocrate Éric Ferland, le libéral Réjean Hébert, le bloquiste Denis Trudel, le conservateur Patrick Clune ainsi que la candidate du Parti populaire Ellen Comeau s’étaient réunis pour l’occasion devant une salle comble.

Misant sur une série de mesures «concrètes» dont l’électrification des transports, le financement du covoiturage et l’arrêt des subventions aux entreprises pétrolières, Éric Ferland s’est fait catégorique.

«Il faut augmenter le prix de l’essence. Il y a un million de litres qui sont brûlés inutilement chaque année au Québec. C’est insensé.» -Éric Ferland, candidat du NPD dans Longueuil-Saint-Hubert

Le bloquiste Denis Trudel, lui, dit vouloir aller «beaucoup plus loin» en bloquant toute forme de pipeline sur le territoire québécoise.

«On peut trouver toutes sortes d’idées, mais le plus fondamental, c’est de sortir de l’industrie du pétrole immédiatement, a lancé le comédien de profession. Vous pouvez planter un milliard d’arbres, mais si on continue à pomper du pétrole, ça ne fonctionnera pas.»

Aux yeux du libéral Réjean Hébert, le meilleur moyen de changer le comportement des «pollueurs» est d’imposer une sévère tarification sur le carbone.

«C’est en les taxant et en récupérant cet argent-là pour l’investir dans des énergies renouvelables qu’on changera la donne», a martelé l’ancien doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke.

Il a assuré que le gouvernement Trudeau réalisera la carboneutralité de l’État d’ici 2050.

Normaliser l’écoresponsabilité

Le chroniqueur politique au 103.3 Longueuil Patrick Clune, qui en est à sa troisième candidature pour le Parti conservateur aux élections fédérales, mise pour sa part sur la collaboration avec les provinces.

«On veut travailler de concert avec le Québec, notamment, pour mettre fin aux déversements d’eaux usées dans nos cours d’eau», scande-t-il.

En plus d’imposer la consigne des bouteilles de verre à la SAQ, M. Clune entend aussi «minimiser la présence des déchets de plastique» par la mise sur pied de normes sur le recyclage à travers le pays qui ne pourraient être transgressées.

Sur place, la présence de la candidate du Parti populaire du Canada, Ellen Comeau, a souligné la nécessité d’unir l’écologie aux finances.

«Il faut arrêter de mettre l’économie et l’environnement en opposition. Ils peuvent travailler ensemble.» -Ellen Comeau, candidate du Parti populaire, qui en est à ses débuts en politique.

«Si nous continuons comme ça, la Chine, l’Inde et les États-Unis n’embarqueront pas avec nous, et ce sont les plus gros émetteurs de CO2 actuellement», a-t-elle illustré, provoquant l’indignation de la foule.

La plupart des candidats se sont entendus sur la nécessité de réduire la production des GES au Canada de 45% d’ici 2030, une cible fixée par l’ONU pour tous ses États-membres. Le Parti vert entend pour sa part atteindre une baisse de 60% d’ici là. Diffusé en ligne, ce débat local s’inscrivait dans le programme «L’environnement, parlons-en», réunissant une centaine de débats «non-partisans» au Canada.

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