Élections fédérales 2019

Une coalition PLC-NPD creuserait un trou de 16 G$ au déficit, juge le Parti conservateur

Une coalition PLC-NPD creuserait un trou de 16 G$ au déficit, juge le Parti conservateur
Photo: La Presse canadienneLe chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Andrew Scheer

À trois jours du scrutin, le Parti conservateur s’attaque déjà à une potentielle coalition entre les libéraux et les néo-démocrates. Si pareil scénario se produisait, les troupes d’Andrew Scheer prédisent que le déficit fédéral se creuserait d’environ 16,4 G$ dès 2020.

«Justin Trudeau manigance pour s’accrocher au pouvoir. Il veut former une coalition avec le NPD. C’est une coalition que vous ne pouvez pas vous payer», a martelé l’exécutif du Parti conservateur du Canada (PCC) vendredi.

Estimé à 23 G$ pour 2020-2021 par le Directeur principal du budget (DPB), le déficit canadien serait porté à 39,5 G$ pour la même année si une coalition était formée, croient les conservateurs. En 2023-2024, alors que le DPB prévoit une chute du déficit jusqu’à 11,2 G$, il en serait à 32 G$ sous une coalition, jugent-ils.

Source: Parti conservateur du Canada

Pour arriver à ces chiffres, le parti additionne les nouvelles dépenses du Parti libéral. Ainsi que les coûts qu’engendreraient les cinq exigences qu’a formulées le chef Jagmeet Singh pour faire partie d’une coalition.

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Le NPD dénonce l’hypocrisie

Samedi dernier, le leader néo-démocrate avait en effet expliqué qu’il se montrerait favorable à la formation d’une coalition. Mais uniquement si celle-ci acceptait d’intervenir immédiatement dans six dossiers.

L’accès à des logements abordables, la lutte contre l’endettement étudiant ainsi que la création de régimes nationaux de soins dentaires et d’assurance médicaments figuraient parmi ces priorités. La lutte contre les changements climatiques, la création d’un plafond sur les factures de téléphones cellulaires et la mise sur pied d’un impôt sur les «grandes fortunes» complétaient enfin la liste.

«Pour avoir notre appui, il faut travailler sur ces enjeux.» -Jagmeet Singh, chef du NPD, à propos d’une éventuelle coalition.

Appelé à réagir, le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, n’a pas mâché ses mots. «Ça sent la panique chez les conservateurs, a-t-il dit à Métro. Quand on brandit des scénarios hypothétiques, ça veut dire que les choses ne vont pas bien.»

Il déplore des chiffres «malhonnêtes» qui ne tiennent pas la route. «On oublie l’augmentation des revenus que le NPD générerait en taxant les grandes compagnies par exemple. C’est un oubli calculé», s’indigne-t-il.

Des hausses de taxe?

Dans sa grille de calculs, le PCC déplore ainsi que les mesures de logement du NPD ajouteront 5 G$ au déficit, alors que sa proposition d’assurance-médicaments en coûtera plus de 10 G$. En outre, «les déficits de la coalition libérale-NPD s’élèveraient en moyenne à 34,7 G$ au cours des quatre prochaines années», déplore Andrew Scheer.

«Si Justin Trudeau est si confiant que les Canadiens veulent avoir une coalition, il doit avoir le courage d’expliquer exactement quels impôts il va augmenter pour payer [les déficits].» -Andrew Scheer, chef du PCC

Il ajoute que la coalition aurait pour effet d’augmenter la TPS de 5 à 7,5%, en plus d’hausser le taux de la première tranche d’imposition de 15% à presque 20%. Ces revenus additionnels sont comptabilisés dans le déficit anticipé par le Parti conservateur, qui reconnaît toutefois que l’impôt aux plus riches permettrait de dégager quelque 5,6 G$ dès 2020.

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Appelé à réagir sur la possibilité de former une coalition, à Trois-Rivières, Justin Trudeau n’a pas souhaité se prononcer. Il a préféré réitérer que son équipe «travaille très fort» pour faire élire son gouvernement libéral.

Jeudi, M. Trudeau a toutefois rétorqué aux conservateurs. «Les attaques d’Andrew Scheer sont fausses. Ils ne peuvent rien faire que d’inventer les choses parce qu’ils n’ont rien a offrir aux Canadiens sauf des coupures», a-t-il scandé.

Si un gouvernement conservateur minoritaire était élu, le premier ministre sortant aurait la possibilité de conserver le pouvoir en obtenant la confiance d’une majorité d’élus. Dans le cas précis, les libéraux auraient à solliciter soit les Verts, le Bloc ou le NPD.