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Sondage: les Canadiens veulent des actions plus fortes contre la crise climatique

Sondage: les Canadiens veulent des actions plus fortes contre la crise climatique
Photo: Minas Panagiotakis/Getty ImagesGreta Thunberg et des manifestants lors de la Grande marche sur le climat du 27 septembre, à Montréal

Une large majorité des électeurs canadiens veulent voir Justin Trudeau remplir ses promesses pour contrer la crise du climat, voire même aller plus loin. C’est ce que conclut un large sondage mené auprès de 5000 d’entre eux.

L’organisme Énergie propre Canada a comptabilisé que 67% des répondants à son sondage, mené quelques jours après l’élection du 21 octobre, veulent que le gouvernement minoritaire respecte «les politiques climatiques présentées durant la campagne».

Parmi ces électeurs, une partie importante désire que la nouvelle législature «en fasse plus, plus vite». Cette section d’électeur représente environ 30% de l’échantillon total du coup de sonde.

«Il est impossible d’obtenir un mandat majoritaire au Canada en proposant des mesures rétrogrades. Non seulement l’action climatique est un devoir, mais désormais, ce sera aussi une condition sine qua non pour accéder au pouvoir.» – Merran Smith, directrice exécutive d’Énergie propre Canada

Le Parti libéral (PLC) a notamment comme priorité d’atteindre la carboneutralité «nette» en 2050. Ça se fera entre autres en plantant deux milliards d’arbres sur dix ans, promet la formation du premier ministre.

Les libéraux continuent également de mettre de l’avant leur taxe sur le carbone.

Selon l’expert en politiques climatiques à l’Université Laval (UL) Alexandre Gajevic Sayegh, ces résultats «mettent de la pression» sur le nouveau gouvernement.

«Vu que le gouvernement a réussi à changer le cap après dix ans de gouvernement conservateur, la pression à intensifier l’action va être quand même grande», soutient le professeur au Département de science politique de l’UL.

Accords transpartisans

Les électeurs de trois partis en particulier favorisent des mesures climatiques «plus rigoureuses» que celles proposées par l’équipe du premier ministre désigné Justin Trudeau. Selon le sondage, 64% de ceux qui ont voté pour le Parti vert souhaitent des politiques plus fortes. Ce chiffre passe à 51% chez les électeurs du Bloc québécois et à 49% chez ceux du Nouveau parti démocratique (NPD).

Le tiers (33%) des électeurs libéraux veulent des décisions plus fortes et plus rapides. Près de 60% d’entre eux se satisfont plutôt des mesures présentées le mois dernier.

«Cette élection a abouti à la formation d’un gouvernement minoritaire, mais c’est une majorité qui se dégage sur la question des changements climatiques», observe Craig Worden, président de la firme Pollara Strategic Insights, qui a mené le sondage.

Alexandre Gajevic Sayegh s’attend à des améliorations dans le plan climatique national surtout si les partis font preuve de «maturité politique». «Les libéraux, les Verts et les néo-démocrates disent beaucoup la même chose. Est-ce qu’on va voir ces partis-là travailler ensemble?», demande-t-il.

Les conservateurs à la traîne

L’électorat du Parti conservateur (PCC) réfléchit différemment que les autres Canadiens à la question du climat. Moins du tiers des votants conservateurs (31%) favorisent des politiques semblables à ou plus ambitieuses que celles de Justin Trudeau.

Au contraire, la majorité d’entre eux (54%) demande des politiques «moins rigoureuses».

«La moitié de l’électorat canadien trouve que le plan conservateur n’était pas assez solide, observe M. Gajevic Sayegh. Ça veut dire que c’est extrêmement difficile pour un parti d’aspirer au pouvoir sans plan climatique. Ça envoie un message assez clair au PCC.»

Tableau illustrant l'appui des électeurs canadiens aux programmes climatiques des partis fédéraux
Gracieuseté: Énergie propre Canada

Intérêt québécois

Les sondeurs ont aussi évalué l’importance de la question du climat auprès de ses répondants. Au sein de la fédération, les électeurs de la Belle province sont ceux qui voient le plus la crise climatique comme l’enjeu primordial.

Une portion de 20% de l’échantillon québécois va en ce sens, contre 15% en Ontario. L’Alberta et la Saskatchewan arrivent au dernier rang à 7% chacune.

D’autres détails suivront.