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Les Premières Nations vivent trois à cinq fois plus dans l’insécurité alimentaire que le reste du Canada

Les Premières Nations vivent trois à cinq fois plus dans l’insécurité alimentaire que le reste du Canada
Photo: Pixabay

Les Premières Nations vivent trois à cinq fois plus dans l’insécurité alimentaire que la population générale du Canada, selon les résultats préliminaires d’une étude publiée cette semaine par l’Assemblée des Premières Nations (APN), l’Université d’Ottawa et l’Université de Montréal.

L’Étude sur l’Alimentation, la Nutrition et l’Environnement chez les Premières Nations (EANEPN) présente pour la première fois un ensemble de preuves démontrant l’importance des aliments traditionnels dans l’alimentation de ces peuples autochtones.

L’enquête, menée sur une période de 10 ans et auprès de 92 communautés situées au sud du 60e parallèle, indique que 24 % à 60 % des Premières Nations vivent dans l’insécurité alimentaire. Les familles ayant des enfants sont particulièrement touchées par la problématique.

Les changements climatiques parmi les causes

Le coût de la nourriture, la pollution, les activités industrielles et les changements climatiques, qui affectent leurs moyens de subsistance, figurent parmi les principales causes.

«Des résidus de produits pharmaceutiques ont été trouvés dans les eaux de surface aux alentours d’un bon nombre de communautés», peut-on lire dans le rapport, qui fait également état de diverses problématiques avec les systèmes de traitement des eaux.

Des excès de métaux «qui modifient la couleur et le goût de l’eau» ont d’ailleurs été mesurés «réduisant ainsi le seuil d’acceptabilité de consommation de l’eau du robinet». Du plomb, de l’arsenic, du sélénium et de l’uranium ont été repérés dans l’eau de 29 foyers.

«Il faut s’occuper de la question de l’insécurité alimentaire, mais faire aussi en sorte que le coût des aliments nutritifs soit abaissé et que les effets des activités industrielles soient évalués», fait valoir Perry Bellegarde, Chef national de l’Assemblée des Premières Nations, par communiqué.

Malek Batal, professeur de nutrition publique à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, estime que «notre système alimentaire laisse complètement tomber les communautés des Premières Nations». Par conséquent, le taux de diabète et d’obésité y seraient équivalents au double des moyennes canadiennes.

«Non seulement il existe des barrières qui les empêchent d’accéder à une alimentation traditionnelle plus saine, mais le système d’approvisionnement prédominant, avec ses prix élevés, ses disponibilités restreintes et son accessibilité limitée, engendre un taux d’insécurité alimentaire indécent, sans compter une incidence de maladies chroniques tout aussi alarmante», déplore Malek Batal.

Une étude sur l’alimentation, l’environnement, la santé et la nutrition des enfants et des jeunes des Premières Nations débutera en janvier 2020.