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00:00 18 novembre 2019 | mise à jour le: 18 novembre 2019 à 00:05 temps de lecture: 3 minutes

Des pouvoirs aux Autochtones au sein de QS

Des pouvoirs aux Autochtones au sein de QS
Photo: CourtoisieGabriel Nadeau-Dubois en compagnie des membres de QS Alisha Tukkiapik et Xavier Watso

Réunis en congrès en fin de semaine, les membres de Québec solidaire ont adopté à l’unanimité une proposition visant la création d’une Commission nationale autochtone (CNA) en son sein, une première pour un parti politique au pays.

QS avait déjà une commission thématique sur les droits des peuples autochtones, mais sans droit de vote. La Commission nationale autochtone a été demandée par les membres du parti en mars dernier.

Portée par les membres du parti Alisha Tukkiapik, Xavier Watso et Goulemine Cadoret, la Commission nationale espère avoir un pouvoir plus important au sein de la formation politique.

Cette instance aura le mandat de se prononcer sur le programme du parti dans une perspective intersectionnelle.

Le parti veux notamment donner une voix aux autochtones au sein de QS, développer des relations de nation à nation et soutenir l’engagement des femmes autochtones.

Au besoin, la commission pourra convoquer une conférence nationale des Autochtones pour traiter de toute question qu’elle jugera pertinente.

La coporte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, s’est dite fière de l’adoption de la proposition.

«Aujourd’hui, je suis fière de mon parti. On vient de prendre une décision collective qui est historique: à Québec solidaire les autochtones ont désormais une voix encore plus forte.»

Le parti avait initialement annoncé ne pas pouvoir débattre de cet enjeu lors du congrès en raison d’un ordre du jour chargé. Il avait été statué que les discussions sur la Commission nationale autochtone se tiendront en 2021.

En entrevue à Métro, Alisha Tukkiapik, une Inuite de Kujjuaraapik et candidate dans Ungava aux dernières élections provinciales, s’est dite «si heureuse et fière» de l’adoption de cette proposition.

«J’ai versé des larmes de joie», confie-t-elle.

«C’était dur à croire, car vendredi c’était un peu incertain. Si ce n’était pas adopté, nous étions prêts à nous battre. C’est un revirement à 180 degrés par rapport à vendredi», soutient-elle.

Mme Tukkiapik explique qu’elle a croisé Gabriel Nadeau-Dubois et lui a demandé de prendre une photo.

«C’était vendredi soir, alors que le parti venait de dire “non, nous n’écouterons pas’”. Nous nous disions qu’il fallait décoloniser QS. Nous avons demandé à Gabriel de prendre une photo avec la pancarte et il a accepté.»

La pancarte semble avoir fait du chemin au cours du congrès, la proposition ayant été adoptée dimanche.

Mme Tukkiapik estime que la création de la commission est très importante pour les peuples autochtones du Québec. «Ça montre que Québec solidaire est un parti ouvert. Tout le monde a compris que le moment est maintenant. En 2021, il sera trop tard. Nous avons encore beaucoup de travail à faire.»

Avec la collaboration de Lela Savic

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