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Changements climatiques: trois Québécois sur quatre estiment qu’il y a «urgence d’agir»

Greta Thunberg et des Québécois manifestent lors de la Grande marche sur le climat du 27 septembre, à Montréal
Greta Thunberg et des manifestants lors de la Grande marche sur le climat du 27 septembre, à Montréal Photo: Minas Panagiotakis/Getty Images

Une forte majorité de Québécois se disent «fortement préoccupés» par les enjeux environnementaux et trois quarts d’entre eux exigent des actions rapides. C’est du moins la conclusion du Baromètre de l’action climatique, une étude menée auprès de plus de 2000 habitants de la province l’automne dernier.

Ce premier Baromètre de l’action climatique, dévoilé mardi matin, a été réalisé par des chercheurs de l’Université Laval et le média indépendant Unpointcinq. Il repose sur un sondage web de la firme Léger mené à l’automne auprès de 2006 adultes «représentatifs de la population réelle du Québec».

Premier constat : près de 75% des répondants estiment «qu’il y a urgence d’agir». Une majorité encore plus importante (79%) de Québécois se dit aussi «fortement préoccupée par les problèmes environnementaux en général».

Et cette tendance ne se limiterait pas à une région du Québec en particulier, selon la chercheuse Valériane Champagne St-Arnaud, qui a codirigé l’étude. En fait, les différence d’opinions climatiques font partie «des mythes déboulonnés» par le Baromètre, selon la spécialiste en comportement environnemental.

«Il y a quand même une grande uniformité, qu’on se trouve à Montréal, à Québec ou en Gaspésie. Les convictions sont les mêmes», analyse-t-elle en entrevue avec Métro.

Appel au gouvernement

Le directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand, voit ces chiffres d’un bon oeil.

«Le gouvernement du Québec a un mandat fort s’il décide de s’avancer sur ces terrains-là», dit-il.

Même son de cloche du côté de Mme Champagne St-Arnaud. «Notre souhait, c’est que ces chiffres servent aux décideurs», souligne-t-elle.

L’année 2020 pourrait être fortement teintée de vert à l’Assemblée nationale. Québec doit bientôt présenter son nouveau Plan d’électrification et de changements climatiques. Il mène aussi des consultations sur le projet de loi 44, qui doit revoir le système de gouvernance des enjeux climatiques.

La semaine dernière, Québec a fait connaître ses intentions pour la refonte de la consigne. Le ministre de l’Environnement prépare aussi une réforme complète de la collecte sélective.

«Les détachés» du climat

Le Baromètre a séparé la population du Québec «en cinq grands profils» plus ou moins engagé dans la lutte aux changements climatiques. Les moins engagés, qui représentent environ 15% des Québécois, ont été regroupés sous le terme de «détachés».

«Ce qu’on constate chez eux, c’est surtout un manque de compréhension de ce qui contribue aux changements climatiques», analyse Mme Champagne St-Arnaud.

Efforts individuels

Dans l’ensemble, s’ils se disent préoccupés par la crise, plusieurs Québécois sont frileux à l’idée de changer leurs comportements.

«Moins de 50% de la population déclare composter, manger moins de viande, réduire l’utilisation de la voiture et diminuer ses déplacements en avion. Peu de Québécois affichent l’intention de modifier ses comportements dans les six prochains mois.» – citation tirée du Baromètre

Interrogé à ce sujet, Karel Mayrand souhaite que le gouvernement mette l’accent sur les incitatifs.

«Les citoyens disent qu’ils ne sont pas capables. On a besoin de les soutenir. Les gestes individuels ne peuvent fonctionner que s’ils sont appuyés par des gestes collectifs», rappelle-t-il.

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