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09:19 30 mars 2020 | mise à jour le: 30 mars 2020 à 16:46 temps de lecture: 4 minutes

Coronavirus: une «excellente note» pour le Québec, avec certains bémols

Coronavirus: une «excellente note» pour le Québec, avec certains bémols
Photo: Josie Desmarais/MétroUne nouvelle clinique sans rendez-vous de dépistage du coronavirus a été égirée au Quartier des spectacles.

Si le Québec peut se donner «une excellente note» dans son choix de mesures sanitaires depuis le début de la pandémie du coronavirus, les tests de dépistage auraient pu – comme plusieurs autres endroits dans le monde –  être entamés beaucoup plus rapidement. C’est du moins ce que souligne un expert en virologie, pour qui le bilan du réseau de la santé sera multifacettes au sortir de la crise.

«On a été très rapides pour insister sur l’importance de la distanciation sociale, on a banni les regroupements, bref on a réagi beaucoup plus agressivement que l’ensemble des autres provinces au Canada. Malgré tout, c’est sûr qu’on aurait pu agir plus vite», explique à Métro le professeur en sciences biologiques de l’UQAM Benoit Barbeau.

En matière de nombre de tests, notamment, la province a «mis du temps» à adapter ses infrastructures, admet l’universitaire.

«On aurait dû idéalement instaurer plusieurs sites de dépistage en même temps et rendre ces lieux plus accessibles à une plus grande partie de la population. Malheureusement, la réalité, c’est que tout ça prend du temps et demande des fonds importants.» – Benoit Barbeau, chercheur en virologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Ce dernier ajoute qu’une fois la pandémie neutralisée – ou du moins contrôlée – d’importantes études devront s’attarder à l’évaluation de nos décisions politiques et de santé publique.

«Les chercheurs vont vraiment tenter de mieux saisir la portée des gestes qu’on a posés, et l’endroit où chaque décision a été prise. Ça va prendre un certain temps, mais éventuellement, on pourra déterminer avec précision ce qu’on aurait dû faire», envisage M. Barbeau.

Des outils pour comparer

Jusqu’ici, le Québec a testé autour de 60 000 personnes à la COVID-19, en faisant l’une des réponses les plus fortes au Canada.

Le gouvernement Trudeau offre d’ailleurs depuis quelques jours un graphique montrant en direction l’évolution par province du nombre de cas de coronavirus. On y constate que le Québec est loin devant les autres provinces en nombre de cas, avec 3430 personnes infectées. L’Ontario se classe deuxième à ce chapitre.

«En ce moment, le Québec est l’un des endroits au monde où on a fait le plus de tests, toutes proportions gardées.» François Legault, premier ministre du Québec

En date du 26 mars, Québec effectuait en moyenne 423 tests par 100 000 personnes. C’est bon pour le quatrième rang sur dix des provinces au Canada. Seules l’Alberta, la Colombie-Britannique et le Saskatchewan font mieux. En Ontario, ce résultat est beaucoup plus faible, avec à peine 260 tests.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, affirme par ailleurs que le nombre de cas de coronavirus se situe en deçà des projections au Québec.

«À chaque journée maintenant, on en a moins qu’on pensait à partir de nos scénarios, insiste-t-il. La vitesse à laquelle on est en train d’augmenter est en train de s’étaler. On a un déplacement de la courbe dans le temps et on l’aplatit.»

L’exemple de la Corée du Sud

En Asie, l’exemple de la Corée du Sud est probant, le pays ayant réussi à neutraliser la progression du coronavirus depuis quelques semaines déjà alors qu’il était au départ l’un des plus grands foyers de propagation de la COVID-19, après la Chine.

«Ce gouvernement a eu l’expérience des épidémies par le passé. Ils ont pris état de leur situation, et ont rapidement fait le constat que leur préparation à une pandémie n’était pas adéquate. En fonction de ça, ils ont restructuré leur système pour savoir comment réagir rapidement. C’est ça la clé», indique à ce sujet Benoit Barbeau.

Par ailleurs, les phases «intensives» de dépistage en Corée du Sud démontrent que des vagues importantes de tests aident à sortir de la crise, selon l’expert.

«On ne parle pas uniquement des gens qui ont des symptôme sévères. C’est beaucoup plus large. On teste aussi les gens dans l’environnement immédiat, et on impose immédiatement l’isolement, sans donner d’autres options», conclut-il.

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