Les choix de la rédac
14:02 15 juin 2020 | mise à jour le: 15 juin 2020 à 19:02 temps de lecture: 4 minutes

Québec met sur pied un Groupe d’action pour lutter contre le racisme

Québec met sur pied un Groupe d’action pour lutter contre le racisme
Photo: Josie Desmarais/MétroLe ministre Lionel Carmant co-présidera le nouveau Groupe de travail.

Le premier ministre François Legault met sur pied un Groupe d’action pour lutter contre le racisme pour «identifier les actions» à prendre dans plusieurs secteurs. Trois ministres et quatre députés caquistes feront partie de ce nouvel ensemble qui formulera des premières recommandations cet automne.

«Il faut retenir le mot important: action. Je ne suis pas un grand fan des comités, des groupes, des forums», a martelé lundi le premier ministre, François Legault, disant vouloir avoir des «actions efficaces» pour s’attaquer au racisme d’ici trois mois.

Le «Groupe des sept» sera co-présidé par le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, et la ministre aux Relations internationales, Nadine Girault. La ministre aux Affaires autochtones, Sylvie D’Amours y sera aussi, tout comme l’adjoint au ministère de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, ainsi que les députés Denis Lamothe, Christopher Skeete et Isabelle Lecours.

Justice, éducation, logement ou emploi; l’exercice ratissera large, promet le chef de la CAQ, qui veut éviter «d’importer le climat d’affrontement que l’on voit aux États-Unis». Québec assure aussi que les partis d’opposition pourront collaborer.

«La laïcité n’est pas du racisme. C’est aussi simple que ça.» -François Legault, premier ministre du Québec, alors qu’il était questionné à propos de l’impact de son projet de loi 21

Le racisme n’est pas «systémique», dit Legault

Alors que la Ville de Montréal et le gouvernement Trudeau reconnaissent officiellement le caractère systémique du racisme au Canada, François Legault, lui, refuse toujours de le faire. «Il y a plusieurs définitions du mot systémique, dit-il. Je veux qu’on travaille ensemble autour de consensus: la grande majorité des Québécois ne sont pas racistes, mais il y a des personnes racistes au Québec. Plutôt que de se chicaner, concentrons-nous à lutter contre ce racisme.»

Travailler rapidement

Le ministre Lionel Carmant, lui, promet d’être très proactif, et de rencontrer plusieurs organismes, institutions et personnes qui connaissent les réalités. «Dès cette semaine, on va se réunir, on va se donner un mandat, puis on va se diviser la tâche. En trois mois, on peut faire beaucoup de choses. On sait ce qu’on a besoin d’améliorer», souligne-t-il, se disant «convaincu» que l’exercice aura des résultats positifs, et ce rapidement.

«Tout ça va faire évoluer notre société vers une acceptation de l’autre, sans jugement, sans peur, mais uniquement pour ce qu’il est.» -Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé

Pour M. Carmant, la priorité sera de s’attaquer au profilage racial, alors que le SPVM doit faire paraître une politique sur les interpellations au début juillet. Même son de cloche pour la ministre Nadine Girault, pour qui les minorités sont «sous-représentées» au Québec. «Reconnaître le problème, ça fait partie de la solution. Mais il faut aussi accepter de dire que ça dure depuis trop longtemps. Les derniers événements ont réveillé une colère trop souvent silencieuse», a-t-elle tonné.

«Personnellement, j’ai eu de la chance. La société québécoise a été très généreuse à mon endroit. C’est pour cette raison que je veux m’engager.» -Nadine Girault, ministre des Relations internationales


Un «background différent»

Interpellé en mêlée de presse, le député Ian Lafrenière, qui est l’ancien porte-parole du SPVM, dit vouloir «ouvrir les ornières». Il estime que la diversité du groupe de travail permettra d’avoir un «background différent, afin de se poser les vraies questions, rapidement».

«Laissez-nous la chance de vous prouver qu’on peut arriver avec des solutions pragmatiques, qu’on peut mettre en application réellement. On ne veut pas de grandes théories», conclut-il.

Plus tôt lundi, la Ville de Montréal a mandaté son directeur général, Serge Lamontagne, de mettre sur pied «dès la rentrée» un poste de commissaire à la lutte au racisme et la discrimination. «Les attentes seront grandes», a illustré la mairesse Valérie Plante, vantant un geste «très fort» de son administration.

Articles similaires