Les choix de la rédac
08:22 9 juillet 2020 | mise à jour le: 10 juillet 2020 à 15:55 temps de lecture: 4 minutes

La santé du PQ à Montréal sous le regard des candidats à la chefferie

La santé du PQ à Montréal sous le regard des candidats à la chefferie
Photo: Archives MétroFrédéric Bastien, Sylvain Gaudreault et Paul Saint-Pierre Plamondon, candidats à la chefferie du PQ.

Il fut une époque pas si lointaine où Montréal et ses banlieues étaient colorées de bleu pâle. Aujourd’hui, le Parti québécois (PQ) vivote et a perdu tous ses sièges dans la métropole. Comment les regagner? Les candidats à la chefferie de la formation se prononcent.

Sylvain Gaudreault, élu à une époque où le parti avait huit sièges uniquement sur l’Île, consent à dire que la formation a perdu des plumes dans la région. Il constate au parti un dégonflement du discours dans la lutte aux inégalités sociales.

«Il faut qu’on redevienne très présents sur les enjeux sociaux, notamment dans l’Est de Montréal», observe-t-il.

Si Québec solidaire, un autre parti souverainiste, a volé quelques sièges au PQ dans les dernières années, il n’est pas impossible de les reprendre, affirme le député de Jonquière, premier à avoir officialisé sa candidature à la direction.

«On a une capacité d’avoir des propositions concrètes. Chez Québec solidaire, je remarque beaucoup de principes, de théories», souligne-t-il en entrevue avec Métro.

Selon l’historien Frédéric Bastien, la chute du PQ à Montréal est symptomatique d’un syndrome national. «Le PQ a abandonné la contestation du régime fédéral. Il a perdu des votes à gauche et à droite, et a cessé d’être une coalition nationaliste», analyse-t-il.

L’avocat Paul St-Pierre Plamondon avoue que le Parti québécois a «connu une défaite électorale difficile en 2018», et «pas seulement à Montréal». «Le Parti québécois n’était pas très présent sur le terrain», avance-t-il.

Regagner les Montréalais

Celui qui s’était présenté à la course de 2016 soutient l’importance d’aborder cette année les enjeux climatiques. «En milieu urbain, les changements climatiques, affectent tout particulièrement la population. Une grosse partie de mon programme va y être consacrée», souligne-t-il.

Impossible, ajoute-t-il, de penser à Montréal sans aborder la protection de la langue française. «Quand on parle du recul de la langue française, ça se produit dans la grande région de Montréal, évoque-t-il. En ce moment, ça pose même des problèmes de santé publique. Il y a quelque chose qu’on ne fait pas bien pour donner les outils du succès à nos Québécois d’adoption.»

Selon un sondage commandé au mois de novembre par la Fondation pour la langue française, 30% des Montréalais croient se faire aborder plus souvent en anglais qu’il y a dix ans.

Pour regagner le coeur des Montréalais, M. Gaudreault propose, lui, d’adopter des «positions fortes» sur trois enjeux: le maintien de la langue française, la lutte contre les inégalités sociales et un «travail étroit» avec les communautés culturelles.

M. Bastien compte pour sa part éviter de «faire du clientélisme». «Je m’adresse aux Montréalais parce qu’ils sont québécois», lance-t-il.

«Il n’y a aucun clivage irrémédiable. Il faut faire la bataille sur la question nationale en forçant une négociation constitutionnelle dans un premier mandat», précise le professeur.

Le quatrième candidat dans la course à la chefferie, Guy Nantel, n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue. Son équipe affirme vouloir attendre la présentation de son programme, au mois d’août.


Des projets prioritaires pour les candidats à la chefferie du PQ

Métro a demandé à chaque candidat de nous faire part d’un projet montréalais prioritaire. Voici leurs réponses :

Frédéric Bastien: «À Montréal, on voit des quartiers qui se ghettoïsent parce qu’on reçoit presque deux fois plus d’immigrants que les États-Unis par habitant. Je veux une immigration totalement francophone, éduquée, qui va bien s’intégrer. Parce que là, on a un problème dans certains quartiers, où l’intégration ne se fait plus.»

Paul St-Pierre Plamondon: «Il ne faut pas succursaliser l’économie de Montréal en envoyant tous les sièges sociaux ailleurs. C’est souvent Montréal qui paie le prix le plus chèrement de notre absence de nationalisme économique.»

Sylvain Gaudreault: «Ligne bleue, ligne bleue, ligne bleue. Ça n’a pas avancé. C’est inacceptable que ça prenne plus de temps partir de l’est pour aller au centre-ville que faire un voyage nord-sud. Et il faut examiner du transport même au-delà de l’A-25, plus à l’est.»

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