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18:04 19 août 2020 | mise à jour le: 19 août 2020 à 18:16 temps de lecture: 4 minutes

Des «désavantages» à un directeur de santé publique totalement indépendant, dit Legault

Des «désavantages» à un directeur de santé publique totalement indépendant, dit Legault
Photo: Josie Desmarais/MétroLe ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé (à droite) et le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

Pour le premier ministre François Legault, pas question de détacher le poste de directeur national de santé publique du ministère provincial de la Santé et des Services sociaux (MSSS). En commission parlementaire mercredi, l’élu caquiste a évoqué «des désavantages» à rendre Horacio Arruda indépendant à tout prix.

M. Legault répondait aux questions des groupes d’opposition dans le cadre de la séance d’étude des crédits budgétaires du Conseil exécutif, qui est la responsabilité du premier ministre.

«Il y a du personnel que le directeur doit utiliser dans le réseau de la santé. Il y aurait des désavantages à ce que ça soit complètement à côté» du gouvernement, a avancé le premier ministre.

Dans la province le porte-parole principal de la Santé publique est aussi systématiquement sous-ministre adjoint au MSSS. Toujours est-il que Dr Arruda n’a jamais subi de pressions gouvernementales durant la pandémie, martèle François Legault.

Pressé par le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, le premier ministre a même affirmé avoir suivi à la lettre les recommandations de Dr Arruda durant la crise sanitaire.

«Toutes les recommandations du Dr Arruda, je les ai suivies», a soutenu M. Legault.

«Il se trouve qu’il faut prendre la parole du premier ministre. Nous n’étions pas présents. Comment on peut le vérifier?», a répliqué M. Bérubé. Question à laquelle le premier ministre a répondu que la plupart de ses rencontres avec Dr Arruda s’étaient faites rapidement, à l’oral et sans procès-verbal.

Au début du mois de juin, François Legault s’était porté à la défense de l’indépendance du Dr Arruda. «Ce n’est pas nous qui avons imposé quoi que ce soit», avait-il tonné.

Legault répond du départ de McCann

Dans les minutes précédant l’interrogatoire de M. Bérubé, c’est la chef de l’opposition officielle, Dominique Anglade, qui avait talonné le premier ministre pour sa gestion de crise. Elle s’interroge notamment sur les raisons du changement de portefeuille de l’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann.

Celle-ci a dû laisser sa place à la fin de juin à Christian Dubé.

«Lorsqu’on est en période de guerre, quand les choses vont bien selon nos critères, on ne change pas ses généraux», a affirmé Mme Anglade.

Selon le premier ministre, le MSSS avait besoin d’un «nouveau souffle». «Ça a été sept jours sur sept un feu roulant, de tôt le matin à tard le soir. Il faut se préparer pour une deuxième vague et peut-être que pendant une deuxième vague, ça va encore être du sept jours par semaine», a-t-il évoqué.

Équipement: un «problème»

Quand est venu le tour du deuxième groupe d’opposition, représenté par sa co-porte-parole Manon Massé, c’est le sujet de l’équipement de protection individuel qui a occupé l’avant-scène.

Si le premier ministre souligne que le réseau de la santé «n’a jamais manqué» de matériel, Mme Massé a affirmé que la réalité était bien différente sur le terrain. «Pouvez-vous reconnaître que sur le terrain, ils en ont manqué, pendant plusieurs jours, plusieurs semaines?», a-t-elle demandé.

Une réalité que M. Legault a partiellement reconnu, avant de rabattre le blâme sur les anciens gouvernements libéraux.

«Oui, je reconnais que dans certains établissements, il y en a qui n’ont pas levé la main, justement parce que le Parti libéral avait coupé du personnel dans les CHSLD. Mais tous les CHSLD qui manquaient d’équipement le recevaient la journée même», a-t-il dit.

Dès les premières semaines de la pandémie, plusieurs syndicats avaient rapporté à Métro d’importantes lacunes dans l’approvisionnement d’équipement. Dans la même semaine, M. Legault avait fait allusion à de possibles manques de matériel dans les «trois à sept jours».

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