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16:22 14 octobre 2020 | mise à jour le: 14 octobre 2020 à 18:25 temps de lecture: 4 minutes

Racisme systémique: les Atikamekw proposent le «Principe de Joyce»

Racisme systémique: les Atikamekw proposent le «Principe de Joyce»
Photo: Capture d'écran FacebookJoyce Echaquan est décédée à l'hôpital de Joliette après avoir partagé sa vidéo qui témoigne de mauvais traitements.

Le Conseil des Atikamekw de Manawan ouvre mercredi une consultation publique en préparation du «Principe de Joyce», une série de mesures dont l’objectif est de protéger les droits des Autochtones en matière de santé.

Deux semaines après le décès tragique de Joyce Echaquan, le Conseil des Atikamekw de Manawan souhaite garantir à tous les Autochtones le droit d’avoir accès à tous les services de santé et sociaux sans aucune discrimination.

Le Conseil souhaite également préserver leur droit de jouir du meilleur état possible de santé physique et mentale.

Le «Principe de Joyce» est en fait une demande d’engagement pour le Gouvernement du Québec et pour les institutions québécoises.

Rappelons que la mère de famille autochtone, Joyce Echaquan, est décédée à l’hôpital de Joliette sous une pluie d’insultes racistes du personnel de la santé. Depuis, les professionnelles ont été licenciées et risquent des sanctions.

Quelles sont les demandes du «Principe de Joyce»?

Dans sa version initiale soumise à la consultation, le «Principe de Joyce» demande notamment à Québec de reconnaître le racisme systémique auquel sont confrontés les Autochtones, notamment dans le domaine de la santé. Il veut que le gouvernement crée un bureau d’Ombudsman à la santé des Autochtones.

Le Conseil veut aussi que Québec reconnaisse le droit à l’autonomie et à l’autodétermination des peuples autochtones. Incluant les questions de santé.

Également, tous les établissements de santé du Québec doivent mettre en place une politique appliquant le «Principe de Joyce», selon le Conseil.

Le «Principe» contient au total six points, s’adressant également aux ordres des professionnels de la santé, enseignants, et établissements de soins.

Rappelons que si l’Assemblée nationale du Québec a présenté à l’unanimité ses excuses et ses condoléances à la famille de Joyce Echaquan, mais aussi à tous les Autochtones de la province, la motion évitant toutefois les mots «racisme systémique».

Début d’une vaste consultation publique

Du 14 au 28 octobre, le Conseil des Atikamekw lance une consultation publique. Celle-ci vise à obtenir des commentaires pour l’élaboration de ce Principe.

«La tragédie de la mort de Joyce ne permet pas l’inertie, peut-on lire dans le communiqué officiel. C’est en travaillant ensemble et rapidement que nous arriverons à construire un monde meilleur respectueux de tous et pour tous.»

Le Conseil acheminera le résultat au gouvernement le 9 novembre prochain.

Si les membres Atikamekw issus des trois communautés (Manawan, Wemotaci, Opitciwan) sont grandement sollicités, toutes les personnes intéressées peuvent contribuer au débat.

L’appel a également été lancé aux autres membres issus des Premières Nations et des communautés inuites.

Le Conseil des Atikamekw de Manawan sollicite aussi les ordres professionnels de la santé et des services sociaux. Ainsi que les experts du monde universitaire.

Le gouvernement se dit «favorable» à cette consultation

«Notre gouvernement accueille favorablement l’ouverture de cette consultation publique», a réagi le ministre aux Affaires autochtones, Ian Lafrenière. Avoir accès à tous les services de santé sans discrimination est un «droit fondamental», selon lui.

Il affirme qu’il suivra avec grand intérêt cette consultation, puis analysera ses principaux constats lorsqu’ils seront disponibles.

«Le décès de Joyce Echaquan a ébranlé tout le Québec. Plus jamais, un drame comme celui-ci ne doit se reproduire.»
– Ian Lafrenière, ministre aux Affaires autochtones 

Le ministre réitère son intention de travailler avec les Premières Nations et les Inuits. Il souhaite appliquer les recommandations de la Commission Viens afin d’«enrayer les iniquités encore présentes au sein de nos institutions».

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