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10:44 1 décembre 2020 | mise à jour le: 1 décembre 2020 à 18:15 temps de lecture: 4 minutes

Normes nationales dans les CHSLD: «inacceptable», selon Québec

Normes nationales dans les CHSLD: «inacceptable», selon Québec
Photo: Philippe Ruel/MétroLe ministre des Finances, Eric Girard

Elles étaient attendues, mais la création par le fédéral de normes nationales pour les soins de longue durée et les CHSLD échaudent le gouvernement du Québec. «Inacceptable», a tonné mardi le ministre des Finances, Eric Girard.

«Je suis déçu», a-t-il ajouté, en point de presse à l’Assemblée nationale.

La mise sur pied d’un programme de normes nationales a été concrétisée lundi par Ottawa, qui versera 1 G$ aux provinces pour améliorer ce réseau, fortement touché par la pandémie de COVID-19. Les sommes sont inscrites à la mise à jour économique fédérale.

«Je ne vois vraiment pas ce que le fédéral connaît là-dedans.» – François Legault, premier ministre du Québec, sur les soins longue durée

Québec fera sans doute entendre ses plaintes en rencontre avec Ottawa, le 10 décembre. Le gouvernement de François Legault compte d’ailleurs mettre pression sur son homologue pour faire grimper les investissements fédéraux dans les soins de santé. Et ce, avec le moins de conditions possible.

Selon Québec et le reste des provinces, la part du fédéral dans les dépenses en santé à travers le pays s’élève à 22%. M. Legault, qui est également président du Conseil de la fédération, veut la voir grimper à 35%.

«Ce qu’on va aller négocier le 10 décembre, c’est de dire: dans les prochaines années, vous avez plus de marge de manoeuvre que les provinces. Vous devriez contribuer davantage», a commenté le premier ministre en point de presse, quelques heures après son ministre des Finances.

En ce qui a trait aux programmes fédéraux de services de garde et d’assurance-médicaments – eux aussi promis à la mise à jour de lundi –, Québec ne s’en portera pas garant, étant donné ses programmes existants.

«Le Québec exercera son droit de retrait avec pleine compensation financière», a précisé le ministre des Finances.

«Sur la défensive»

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon a de la difficulté à voir Québec soutirer des fonds supplémentaires à Ottawa à la rencontre de la mi-décembre. La Coalition avenir Québec, argue-t-il, a déjà été placée «sur la défensive» par la mise à jour économique.

«C’est vraiment une claque au visage, a-t-il lancé. Je me mets à la place d’un gouvernement comme celui de la CAQ, qui dit que le fédéralisme fonctionne parce qu’elle va chercher des gains. Je leur dis: quels gains?»

Au Parti libéral aussi, la mise sur pied de programmes fédéraux de santé et de services sociaux a de quoi surprendre. «Il y a clairement une volonté d’intrusion dans les champs de compétence des provinces», a commenté la cheffe libérale, Dominique Anglade.

L’absence des transferts fédéraux en santé dans le document du fédéral met de la «pression», selon elle, sur la rencontre fédéral-provinces. Même son de cloche chez Québec solidaire. D’après sa co-porte-parole, Manon Massé, Québec devra compenser pour les transferts en santé qu’il attendait dans sa propre mise à jour économique, et qui ne sont pas arrivés.

Ça signifie selon elle que l’austérité s’apprête à faire son retour dans la province «Ce sont les soignantes qui vont écoper, ce sont les profs… Ce sont elles qui reçoivent la claque», a-t-elle lancé.

À Ottawa

Le premier ministre Trudeau dit vouloir attendre sa rencontre avec les chefs d’États provinciaux pour parler de transferts en santé. «On n’allait pas annoncer dans cet énoncé économique des investissements récurrents à long terme, quand notre emphase et la priorité doit être sur le contexte actuel», a-t-il signalé, en direct de sa résidence d’Ottawa.

Il a réitéré son désir d’être présent, comme gouvernement, sur les «dépenses ponctuelles» en santé, mais a déclaré que la question des «transferts récurrents» serait, pour sa part, discutée dans le futur.

«Après la pandémie, on va continuer à avoir besoin d’investir dans nos systèmes de santé, et à préparer leur avenir, a-t-il réitéré. Et j’ai hâte d’avoir cette conversation sur nos systèmes de santé.»

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