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Le masque N95 désormais obligatoire en zone chaude

Des masques N95.
Des masques N95. Photo: Justin Sullivan/Getty Images

Mise sous pression par plusieurs syndicats depuis le début de la pandémie, la CNESST change son fusil d’épaule. Elle obligera désormais le port du masque N95 en tout temps dans les zones chaudes des établissements de santé.

C’est ce qu’a confirmé l’organisme chargé de la sécurité et de la santé au travail, mardi.

«Cette annonce s’inscrit dans la foulée des nouvelles connaissances scientifiques et de l’évolution du contexte de la pandémie, notamment au regard du potentiel infectieux accru des nouveaux variants», a-t-on signifié dans un communiqué de presse.

Jusqu’à aujourd’hui, le port du masque à filtre N95 était limité aux interventions «générant des aérosols», comme une tentative de réanimation.

Dans les partis d’opposition comme dans les centrales syndicales, la question du masque N95 était régulièrement revenue au centre du débat depuis mars.

«Ça fera bientôt un an que la pandémie est en cours. Il est plus que temps que la CNESST intervienne», a réagi mardi le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jeff Begley. Le syndicat évalue que, depuis le début de la crise sanitaire, 30 000 travailleurs de la santé ont contracté la COVID-19, par moment en raison d’un manque d’équipement.

Enfin, lancent les oppositions

Dans les partis d’opposition aussi, on se demande ce qui a pu prendre autant de temps pour que cette décision tombe. «On n’arrêtait pas de nous répéter que non, ce n’est pas nécessaire. Puis que ce n’est pas parce qu’on manque d’équipement», a constaté la députée du Parti québécois Véronique Hivon, mardi.

Le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, lui, s’exaspère. Mardi, il a vivement critiqué l’attitude du gouvernement de François Legault dans ce dossier.

«Combien de fois m’avez-vous entendu, ici, en parler?», a-t-il lancé en direct du parlement de Québec.

L’élu de Gouin s’interroge à savoir si des vies n’auraient pas pu être sauvées si le gouvernement avait pris cette décision plus rapidement, par précaution. «J’espère que ça va servir de leçon. Quand les femmes sur le terrain vous parlent, écoutez-les», a-t-il signifié.

Au Parti libéral, on craint justement que Québec ne les ait pas apprises, ses leçons, alors que la menace des variants rôde toujours.

«Il y a eu beaucoup, beaucoup d’incohérences dans la gestion de la crise. Il y a beaucoup de décisions qui ont tardé à être prises, il y a beaucoup de décisions qui ne sont toujours pas prises», a indiqué la cheffe libérale, Dominique Anglade.

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