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13:11 23 avril 2021 | mise à jour le: 23 avril 2021 à 16:16 temps de lecture: 3 minutes

Nouvelle enveloppe de 223 M$ pour combattre les féminicides

Nouvelle enveloppe de 223 M$ pour combattre les féminicides
Photo: Josie Desmarais/MétroGeneviève Guilbault

Dix féminicides plus tard, Québec dit: «assez». Le gouvernement de François Legault quintuplera les fonds promis lors du dernier budget aux maisons d’hébergement pour femmes et accélérera les investissements dans une foule de secteurs afin de s’attaquer aux violences conjugales.

«Devant l’urgence et la gravité de la situation», la vice-première ministre, Geneviève Guilbault a annoncé vendredi les grandes lignes d’un investissement de près de 223 M$.

«Ces sommes servent à financer un plan d’urgence», a lancé l’élue caquiste.

Le Québec encaisse déjà une année noire: depuis janvier, dix femmes sont mortes dans des crimes conjugaux dans les quatre coins de la province. C’est déjà plus que l’an dernier.

L’enveloppe annoncée vendredi inclut notamment des subventions de 92 M$ aux maisons d’hébergement pour femmes. «C’est une collaboration historique», a lancé vendredi la directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Manon Monastesse.

Son organisme s’était insurgé, en mars, des sommes réservées dans le plus récent budget du ministre des Finances, Eric Girard. Celui-ci prévoyait 22,5 M$ pour combattre les violences faites aux femmes. Avec les fonds annoncés vendredi, les maisons pourront ouvrir 163 places de plus, à travers le Québec, en plus d’engager des centaines d’employées à temps plein.

Une part des sommes – qui seront précisées plus tard – permettront aussi d’«augmenter le financement des organismes d’aide aux hommes violents», d’«ajouter des effectifs en violence conjugale au sein des corps de police» et de «consolider l’intervention de l’organisme SOS violence conjugale».

Des impacts de la pandémie?

Dans les maisons d’hébergement, on s’inquiète des impacts que pourrait encore avoir la crise sanitaire dans les prochains mois.

«À partir du moment où on est un couple en télétravail, le conjoint violent a accès à tout ce qu’on fait, a observé la présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Chantal Arseneault. Et quand les femmes veulent reprendre un peu de liberté, les conjoints violents ont souvent l’impression de perdre le contrôle. C’est là que ça s’aggrave.»

À la fin mars, préoccupé par l’accumulation de féminicides au Québec, le premier ministre François Legault mandatait la ministre Guilbault de piloter un groupe d’action gouvernemental contre les crimes envers les femmes.

«La série de féminicides a clairement ajouté une couche d’urgence à la situation. On ne pouvait pas se dire: on va attendre les actions déjà en place et espérer que donne quelque chose.» – Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique

Québec travaille actuellement à concrétiser une part des 190 recommandations que lui avait adressées un groupe d’expert indépendant au mois de décembre. L’épais document suggère notamment que la province mette sur pied un tribunal spécialisé en violences sexuelles et conjugales. Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, affirme déjà être à l’oeuvre.

À la fin 2020, la ministre responsable de la Condition féminine débloquait aussi 180 M$ pour lutter contre les violences conjugales.

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