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Féminicides: Québec veut assurer une meilleure surveillance des hommes violents

Photo: François Ozan/Métro

Québec poursuit sa fronde contre les féminicides. Le gouvernement débloque 71 M$ destinés à la Justice et aux forces de l’ordre afin de mieux suivre les contrevenants et d’instaurer des équipes spécialisées dans les violences conjugales au sein des corps de police.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a détaillé jeudi ces nouvelle mesure, annoncées fin avril dans une enveloppe de 223 M$ visant à combattre les féminicides. Québec a déjà promis des sommes aux maisons d’hébergement pour femmes et pour les organismes d’aide aux services d’aide aux hommes violents.

«C’est une lutte qui est complexe et qui nécessite d’agir sur tous les fronts», a-t-elle lancé, jeudi.

Les sommes annoncées serviront notamment à étendre le Service d’évaluation des personnes accusées en matière de violence conjugale au stade de la mise en liberté provisoire à l’ensemble du territoire québécois. Cet outil, mis sur pied en 2018, est censé «contribuer à la protection et à la sécurité des présumées victimes» dans le cadre de la libération d’un conjoint ou ex-conjoint violent.

En mars, toutefois, Le Devoir rapportait que ce service n’avait servir qu’à une cinquantaine de reprise. Jeudi, la ministre Guilbault a tenu à rectifier le tir.

«Ç’a été mis en place en 2018, mais les ressources au complet ont fini d’être embauchées en 2019. En 2019, on a eu 14 évaluations seulement, en 2020, 38, et, cette année, on serait à 78 pour les quatre premiers mois», a-t-elle énuméré.

«Donc, vous me direz, ce n’est pas des si gros chiffres. Peut-être pas dans l’absolu, mais dans le relatif, quand on regarde la croissance, c’est très encourageant», a ajouté la vice-première ministre.

Des équipes spécialisés

Les fonds débloqués par Québec ne serviront pas qu’à ça. Des équipes policières formées en violence conjugales seront également mises sur pied à la Sûreté du Québec, au Service de police de la Ville de Montréal et au Service de police de la Ville de Terrebonne.

«Elles vont faire des suivis, des relances systématiques après un certain nombre de jours, pour voir avec la victime: comment ça va chez vous? Avez-vous besoin de quelque chose?», a signifié Mme Guilbault.

Sur le plan juridique, le gouvernement de François Legault répond à une recommandation majeure du rapport Rebâtir la confiance, celle d’instaurer le principe de «poursuite verticale» au système de justice québécois. Cette mesure fait en sorte qu’un procureur devrait suivre une victime tout le long du processus judiciaire.

Environ 44 M$ seront mis à la disposition du système de justice pour mettre en activité le principe de poursuite verticale.

«Le Directeur des poursuites criminelles et pénales essaie le plus possible que ce soient les mêmes procureurs attitrés au dossier, mais il y a un enjeu de ressources. Donc c’est pour ça qu’on ajoute 44 millions: pour engager une quarantaine de procureurs», a spécifié le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, qui accompagnait la vice-première ministre en conférence de presse.

Le Québec vit un début d’année noire, alors que dix femmes ont perdu la vie aux mains d’un conjoint ou d’un ex-conjoint depuis janvier. La ministre Guilbault pilote d’ailleurs un groupe gouvernemental censé s’attaquer aux violences conjugales.

Le mois dernier, le premier ministre lui-même s’était dit engagé à «prendre le dossier en main».

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