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Santé mentale: les enfants, grandes victimes de la pandémie

Photo: Getty Images

Les enfants se trouvent parmi ceux dont la santé mentale s’est le plus détériorée pendant la pandémie, selon un rapport de l‘Observatoire des tout-petits. Entre 2019 et 2020, on retrouvait près de 1700 enfants âgés de 1 à 5 ans qui souffraient de troubles anxiodépressifs, dont la phobie sociale, l’anxiété de séparation ou la dépression.

Les tout-petits se sont avérés des victimes collatérales des enjeux de leurs parents. Les pertes d’emplois de même que les incertitudes reliées aux situations familiales ont créé une anxiété au sein des ménages. Ces anxiétés se sont transposées aux enfants. «On dit souvent que les tout-petits sont comme des éponges. Si l’environnement qui les entoure est stressant, ils vont l’absorber», explique la directrice de l’Observatoire des tout-petits, Fannie Dagenais.

Avec la venue de la pandémie, instaurer une routine devenait plus difficile chez les familles. Et cette routine est cruciale au bien-être de l’enfant. «Ils apprennent à réguler leur comportement, qui passe par exemple par les soupers en famille, où papa et maman seront autour de la table. Quand il y a un bouleversement de routine, cela se répercute sur la qualité du sommeil», explique la conseillère spécialisée en développement de l’enfant à l’Institut national de santé publique du Québec, Andréane Melançon.

Le bien-être de la petite enfance est intimement lié au bien-être de la famille. C’est une période pendant laquelle on peut avoir un impact très positif sur l’enfant. 

Andréane Melançon, conseillère spécialisée en développement de l’enfant à l’INSPQ

Les dommages collatéraux de la pandémie sur le développement des enfants ne sont pas encore bien connus, mais ils sont craints. Après la crise du SRAS en 2003, les risques de retard sur le plan développemental ont été estimés de 3 à 5 fois supérieurs chez les tout-petits, rappelle l’Observatoire. «Il faudra suivre cela de près au cours des prochaines années et des prochains mois», considère Mme Dagenais.

Miser sur le logement

Pour l’Observatoire, l’amélioration de la santé mentale des enfants passe par l’offre de logements abordables. Des mesures financières devraient être annoncées en ce sens, estime-t-on.

«Le milieu de vie dans lequel les enfants demeurent peut avoir une grande répercussion sur eux. Par exemple, si le logement est inabordable, cela crée une pression financière sur la famille, une anxiété chez les parents qui peut atteindre les enfants», estime Mme Dagenais.

Les employeurs font aussi partie de la solution, puisqu’ils peuvent offrir des conditions de travail adaptées aux parents. L’avènement du télétravail s’inscrit dans cette veine, car il amène les parents à être davantage présents.

Retards majeurs

Avec la pandémie, les parents se sont tournés vers les écrans pour divertir leurs enfants. Les données démontrent que 40% des enfants de 3 à 5 ans ne respectaient pas les directives de la Santé publique en matière d’activité physique. Et 52% ne respectaient pas les directives en matière d’utilisation d’écrans.

Dès leur entrée à la maternelle, 27,7% des enfants sont vulnérables dans au moins un domaine de développement. Ces vulnérabilités sont encore plus importantes chez les enfants issus de ménages à faible revenu.

Pour pallier ces retards, l’Observatoire rappelle l’importance d’agir rapidement dans le développement de l’enfant. L’organisme salue le programme Agir tôt du ministère de la Santé et des Services sociaux, qui vise à identifier les vulnérabilités rapidement chez les tout-petits.

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