Sables bitumineux: Berlin cesse des recherches
EDMONTON – La pression provenant d’inquiétudes environnementales a forcé la plus importante organisation scientifique allemande à mettre fin à sa collaboration avec l’Alberta pour trouver de meilleures façons d’extraire le pétrole des sables bitumineux.
Les chercheurs allemands oeuvrant au sein de l’initiative Helmholtz-Alberta ne travailleront plus sur de tels projets, a déclaré le principal coordonnateur scientifique, Bernd Schneider.
L’initiative a été créée en 2011 à l’aide d’un engagement de 25 millions $ sur cinq ans de la part du gouvernement albertain, en plus d’autres subventions. L’idée était d’amener l’Université de l’Alberta et l’un des plus importants groupes scientifiques d’Europe à accroître l’efficacité des travaux d’ingénierie et des procédures environnementales de l’extraction des sables bitumineux.
Les travaux se concentrent sur divers sujets, dont la gestion des eaux usées, la captation du carbone, l’énergie géothermique et les travaux de transformation du terrain. Ils visent également à améliorer le traitement du pétrole des sables bitumineux, un sujet controversé en Allemagne, où la question des changements climatiques est d’une grande importance politique.
L’une des institutions formant l’Association Helmholtz a fait l’objet de pressions grandissantes en lien avec son implication pour développer une ressource jugée par plusieurs incompatible avec l’environnement.
La pression de la classe politique aura eu raison de l’organisme scientifique.
«Le centre de recherche environnementale, étant plus exposé aux discussions du public en lien avec les questions sur l’environnement, a décidé d’accomplir cette réorientation, a déclaré M. Schneider. Ils ont dit: ‘Nous voulons un moratoire, puis nous voulons déterminer de quelle façon nous procéderons’.»
La réputation canadienne en matière d’environnement et sa décision de se retirer d’ententes sur les changements climatiques, comme le Protocole de Kyoto, ont également joué un rôle dans la discussion, ajoute le chercheur.
L’approche de l’élection présidentielle en Allemagne, en septembre, aura elle aussi eu une influence dans le dossier.
D’autres aspects de l’initiative Helmholtz-Alberta, comme la recherche sur le charbon, se poursuivront.